France-Roumanie : les avant-gardes littéraires

Xavier S. Thomann - 23.03.2013

Edition - International - Roumanie - France - Avant-garde


Les avant-gardes ont joué un rôle considérable dans la littérature et le monde des arts au XXe siècle. À ce niveau, la France et la Roumanie tiennent une place de choix dans ce mouvement, dans la mesure où les échanges entre les deux pays ont été nombreux et fructueux. 

 

 

 

 

Comme chacun sait, le dadaïsme a donné le coup d'envoi de l'avant-gardisme, notamment avec Tristan Tzara. Mais l'affaire est plus subtile et complexe, comme les intervenants de ce débat modéré par Raphaël Sorin l'ont bien montré. 

 

Le modérateur a commencé par signaler que l'avant-garde est « un phénomène qui nous préoccupe tous », dans la mesure où celles de Roumanie et de France sont parvenues à unifier le continent européen, à travers un jeu de « rapports complexes ». Ce sont ces relations que le débat a cherché à mettre en lumière. Ce qui est d'autant plus important qu'il s'agit de la première forme d'expression d'envergure internationale d'un jeune pays. 

 

La notion d'avant-garde a fait l'objet d'une série d'explications. Elle consiste notamment en une révolution à l'encontre des institutions et des conventions littéraires classiques. Cette révolution a permis à un pays en marge de s'affirmer sur la scène littéraire internationale en particulier en la figure de Tristan Tzara. 

 

Le jeu des échanges entre la France et la Roumanie a exercé un rôle considérable dans cette sortie du mouvement hors de la Roumanie. Les écrivains roumains entretenaient en effet des rapports étroits avec la France, et sa capitale, Paris. L'influence de Jules Laforgue, et de son ironie a aussi été mise en avant. Mais le mouvement n'est pas une simple contestation. Selon les universitaires présents, c'est également « un mouvement de synthèse », une synthèse de l'esprit moderne dans sa remise en cause du rationalisme du XIXe siècle. 

 

S'agit-il pour autant d'un simple rapport centre-périphérie comme on pourrait le croire à première vue ? Pas tout fait. Sebastian Reichmann estime que c'est là une vision un tant soit peu réductrice. Il faut plutôt selon lui parler « d'allers-retours permanents », d'échanges qui vont de la France à la Roumanie et vice versa. 

 

Enfin, le changement considérable exercé par l'avant-garde sur l'art en général a été souligné, dans une volonté de ne pas trop détacher les avant-gardes des autres formes artistiques.