Franck Riester boude le salon du livre jeunesse de Montreuil

Nicolas Gary - 30.11.2018

Edition - Société - Franck Riester Montreuil - salon livre jeunesse - professionnels édition Montreuil


Ce pouvait être la première sortie du ministre de la Culture dans le secteur de l’édition, et la première rencontre avec les professionnels. Ce pouvait être... Manifestement, si Franck Riester n’a rien contre la jeunesse, ce segment de la littérature ne le passionne pas.


Phaidon
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

Le salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil bat son plein, et ce, jusqu’au 3 décembre, journée consacrée aux professionnels. L’inauguration qui a consacré d’une Pépite d’or le livre Le Tracas de Blaise, de Raphaële Frier et Julien Martinière (Ed. L’atelier du poisson soluble) est rarement le meilleur moment pour une visite ministérielle.
 

Passage obligatoire pour les ministres


L’an passé, la visite de Françoise Nyssen alors en poste rue de Valois s’était effectuée avec une certaine gêne, mais dans une ambiance assez détendue. Même Fleur Pellerin, accompagnée d'une sérieuse garde rapprochée, avait pris le temps de cette visite, et Aurélie Filippetti avant elle. Frédéric Mitterrand s’était même rendu à l’inauguration de la 25e édition du salon.

Pour 2018, les organisateurs joints par ActuaLitté nous indiquent que, pour l’instant, « aucune information ne nous a été communiquée », sur la visite de Franck Riester. Diantre. Conclusion : « Il ne devrait pas venir. » Un conditionnel bien lourd de sens. Le ministère de la Culture, contacté, n’a pas encore répondu à notre demande. 

On sait pourtant que ce type de déplacement est essentiel – Audrey Azoulay, en 2016, alors qu’elle n’assurait qu’un intérim en attendant la fin du mandat de François Hollande, avait pourtant cédé à la traditionnelle visite. 
 

Plus de 13 millions d'acheteurs
de livres jeunesse en France


Ce n’est pas faute, d’ailleurs, de disposer désormais d’un cabinet qui fut long à mettre en place : « L’absence du ministre, préjudiciable dans ses relations avec l’industrie du livre, ne laisserait pas aux professionnels un sentiment d’ouverture ni d’écoute », nous glisse une éditrice.

L’édition était peu ou prou avertie : entre le ministre et le livre, on hésitait entre amnésie et tristes tropismes. Manifestement, c’est plutôt le second qui l’aura emporté. Or, le poids de l'édition jeunesse ne saurait être sous-estimé : il représente, dans les librairies indépendantes, le deuxième segment le plus vendeur, après la littérature.
 

Les problématiques sociales et fiscales, on tourne la page ?


Plus regrettable encore : les négociations avec les auteurs, autour des réformes fiscales et sociales ont toujours cours avec les ministères – Culture et Santé. La présence du ministre aurait au moins permis de démontrer une certaine compréhension des enjeux et une forme de solidarité.

La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse avait d’ailleurs envisagé que puisse être signé le pacte égalité-diversité – projet à l’image de ce qui s’est fait dans l’audiovisuel – lors de Montreuil. Agnès Saal avait même été approchée pour engager le ministère sur ces questions. Mais la signature sera ajournée, faute de ministre...

On se gratte alors la tempe... À quoi sert donc de recevoir les organisations d’auteurs, comme le souligne le vice-président du Conseil permanent des écrivains, Hervé Rony, sur la directive européenne sur le droit d’auteur, si sur d’autres sujets tout aussi cruciaux, la rue de Valois ne manifeste pas son intérêt ?
 


Car les auteurs attendent toujours que soit enfin lancée la grande mission prospective sur le livre, promise par Françoise Nyssen. Le début des consultations n’a, à cette heure, toujours pas été initié. La prochaine réunion avec les ministères s’effectuera le 4 décembre : l’occasion de poser la question au ministre sur cette cruelle absence du salon.

Notons par ailleurs qu’à 15 h, espace décodage (G39, niveau 1) se déroulera une rencontre sur le thème Auteur, un métier « no future » ?. De quoi revenir sur les brûlants sujets sociaux qui agitent aujourd’hui le secteur.

On y retrouvera Emmanuel de Rengervé, juriste et délégué général du Snac, Marie Anne Ferry Fall, directrice de l’ADAGP, Samantha Bailly, autrice et présidente de la Charte et de la Ligue des auteurs professionnels, Guillaume Nail, auteur et vice-président de la Charte.
 


Commentaires
Il y a trop de rouleaux jaunes sur votre photo. Cela ne le fait par rire, même...à deviner.
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