Franck Riester tente de rassurer sur l'efficacité du Pass Culture

Nicolas Gary - 13.11.2019

Edition - Société - Pass Culture jeunes - Franck Riester - ministère Culture


Sévèrement attaqué la semaine passée, le Pass Culture s’est trouvé un défenseur, en la personne du ministre de la Culture. Un rapport de la Commission culture de l’Assemblée nationale faisait en effet état de résultats douteux. Et dans la presse, l’épatant salaire des dirigeants de la société Pass Culture était étalé…

Franck Riester, ministre de la Culture
Oui, les cours de guitare entrent dans le cadre du Pass - ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

Foin des détracteurs, Franck Riester assure que le dispositif voulu par Emmanuel Macron suit son cours. Destiné aux jeunes de 18 ans, ce chèque de 500 € offert doit favoriser l’achat de produits et services culturels. Sauf que jusqu’à présent, les chiffres font douter de sa pertinence. Sur 34 millions € mis à disposition, seul un million avait été dépensé à la fin de l’été, apprenait-on. 

De même, sur les 135.000 jeunes éligibles à cette solution, ils n’étaient que 25.000 à s’être manifestés — ce qui ferait grosso modo 40 € dépensés par tête, moins de 10 % de l’enveloppe. 

Mais auprès de l’AFP, le locataire de Valois se défend : d’abord, le Pass est toujours en expérimentation, dans 14 départements. Ensuite, ce sont 150.000 jeunes qui pourraient en profiter. Et le ministre d’assurer que 35.000 utilisateurs sont connectés, et en profitent. 

Les premières conclusions — celles présentées en juin dernier, et déjà problématiques — sont que le Pass sert avant tout à acheter des livres, mais également des places de spectacles. « On voit un certain nombre de jeunes qui établissent une stratégie pour les festivals ou pièces de théâtre dans leurs régions », assure Franck Riester, indiquait qu’une « évaluation très précise » viendra prochainement. 

Et de promettre qu'une large campagne de communication est en cours de déploiement : voeu pieux, une première salve de communication devait intervenir en septembre dernier, mais finalement, début novembre, tout était annulé.

Plusieurs députés avaient manifesté leur désapprobation polie — comme Valérie Rabault ou Brigitte Kuster (socialiste et LR) devant les chiffres avancés. La rapporteure Dominique David (LREM), faisait état de 94 € euros de dépenses en moyenne.

Quant à la SAS Pass Culture, qui dirige les opérations, elle serait « en cours de finalisation, pas figée pour le moment. Elle sera dans les normes de ce qui se fait pour une entreprise du numérique », assure le ministre.
 

Critiqué à l'Assemblé nationale


Lors de l’examen du projet de loi de Finances 2020, la députée Emmanuelle Ménard avait déploré qu’avec « ce pass, 200 euros peuvent être dépensés dans l’achat de jeux vidéo. »

Elle demandait par un amendement que soient modifiées les autorisations d’engagements et de crédits de paiement, considérant que « les jeux vidéo n’ont pas besoin de publicité. Est-ce utile de les encourager quand d’autres secteurs de la culture pourraient avantageusement être mis en avant afin d’attirer la jeunesse ? » En oubliant que le jeu vidéo est aoujourd'hui l'un des secteur les plus dynamiques en France ? 

De leur côté, une trentaine de députés avait tenté de faire passer l’expérimentation d’un Pass Culture Sport, conçu sur le même modèle, pour favoriser l’achat d’équipement sportif auprès de 50.000 jeunes volontaires.


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