François Hollande à l'épreuve d'Hadopi

Clément Solym - 03.06.2011

Edition - Justice - francois - hollande - hadopi


Pas d'abrogation mais une "évaluation" de la loi pour la "réviser".

Telle est la position défendue par François Hollande, député socialiste de Corrèze et candidat aux prochaines primaires socialistes, dans l'émission YouTube Elections 2012, réalisée en partenariat avec le Centre de Formation des Journalistes CFJ, l'AFP et Twitter.

Tout en reconnaissant qu'Hadopi « n'était pas bon », que « la loi n'avait pas été bien préparée » et qu'il ne l'a « pas votéer », Monsieur Hollande navigue à vue sur le sujet. Il estime qu'« il faut une dissuasion » pour « que les droits d’auteurs puissent être rémunérés »... mais qu'Hadopi est « inefficace ». Que le concept de licence globale est « dépassé » [sic]. Et donc « qu'il faut une contribution qui permette aux utilisateurs d’aller vers les sites qui les intéressent, mais en même temps qui permettent de rémunérer les auteurs. »


Une jolie façon de faire patiner davantage dans la semoule un sujet qui n'en avait pas besoin. Pis, François Hollande indique, selon l'AFP, vouloir installer de nouveaux responsables à la tête de la Haute Autorité sitôt élu aux pus hautes fonctions.

Mais.... L'Hadopi étant une autorité indépendante, le mandat de 6 ans dont jouit notamment sa présidente, Mireille Imbert-Quaretta, ne pourra être révoqué avant... 2015. Et le secrétaire général de la Haute Autorité, Eric Walter, est lui... En CDI. Il faudrait donc pour François Hollande, s'il veut installer « de nouveaux responsables », dissoudre Hadopi, ce qu'il semble pourtant se refuser à faire.

Conclusion ? Sans doute le candidat à la candidature aurait-il mieux fait, si l'on peut dire, de s'aligner au programme du PS pour la présidentielle, qui prévoit l'abrogation pure et simple des lois Hadopi 1 et 2.

Il y aurait gagné pour le moins en clarté, pour le plus en pertinence.

Pour voir l'entretien avec François Hollande, ici