Le reclassement d'Agnès Saal au ministère, INAttendu pour Hollande

Antoine Oury - 27.05.2015

Edition - Société - Agnès Saal - Fleur Pellerin François Hollande - fonctionnaire


Difficile de savoir si la communication du président/candidat François Hollande doit se faire au détriment de la ministre de la Culture et de la Communication Fleur Pellerin, mais les révélations matinales de l'Express ont probablement agacé la rue de Valois. D'après un « conseiller de François Hollande », le président de la République a passé « une soufflante » à Fleur Pellerin pour le reclassement d'Agnès Saal au ministère de la Culture.

 


Ministère de la Culture et de la Communication

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Hollande est furieux, et un de ses conseillers fait donc le récit des réprimandes adressées à Fleur Pellerin : le président « est tombé des nues » en apprenant le reclassement d'Agnès Saal, l'ex-présidente de l'INA aux 40.000 € de frais de taxi, au sein du ministère de la Culture. Le poste attribué à Agnès Saal, chargée de mission sur « la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences » au sein du ministère, avait rapidement été repéré par de nombreux médias.

 

Si l'on peut contester le poste attribué à Saal, difficile d'ignorer la procédure en cours : l'attribution d'une mission représente une véritable sanction en soi, lorsque l'on vient de la tête de l'INA, Fleur Pellerin l'avait souligné dans des interventions médiatiques pour se sortir de cette situation. Qui plus est, une « procédure disciplinaire » est en cours, qui pourrait aboutir à l'exclusion de la fonction publique.

 

Mais Hollande, ignorant visiblement les conditions de travail des fonctionnaires, aurait lâché : « La coupe est pleine ! »

 

Heureusement pour Fleur Pellerin, la ministre de la Fonction publique Marylise Lebranchu est intervenue sur RTL, dans ce qui ressemble à un fameux sauvetage : « Les fonctionnaires ne peuvent pas être révoqués du jour au lendemain par un ministre pour des raisons politiques. Il faut faire attention. Il faut donc qu'il y ait une procédure, comme pour tout acte délictueux, quelle qu'en soit la nature », a-t-elle expliqué.

 

En somme, il y fautes, mais ces dernières doivent être précisément identifiées, et être suivies par des sanctions à la hauteur. Quant au poste attribué à Agnès Saal le temps de la procédure, Fleur Pellerin « n'avait pas le choix », d'après Marylise Lebranchu. La fonctionnaire aurait pu être placée « en vacances », mais aurait reçu un salaire malgré tout : « Autant qu'elle fasse quelque chose. C'est presque un travail d'intérêt général en attendant la fin de la procédure », assure la ministre.

 

« Cela va durer six mois maximum. Les sanctions peuvent être graves. Cela peut aller jusqu'à l'exclusion », a ajouté Lebranchu à propos de la procédure disciplinaire.

 

Et pour un président peu au fait des usages dans la fonction publique, on imposera la relecture du fastidieux statut général des fonctionnaires de l'Etat et des collectivités territoriales. 

 

L'Élysée a démenti la rumeur, mais d'une manière plutôt vaporeuse.

 

 

 

Bonsoir @lexpress, vous auriez dû nous contacter. Nous aurions démenti et cela vous aurait évité de publier de fausses informations.

— Communication Élysée (@Elysee_Com) 26 Mai 2015