François Mitterrand et la guerre d'Algérie : le livre qui fait le point

Clément Solym - 19.10.2010

Edition - Les maisons - françois - mitterrand - algérie


L’histoire retient volontiers que c’est grâce à l’action de François Mitterrand (1916-1996) et de son ministre de la justice, Robert Badinter que la peine de mort fut abolie en France en 1981. Mais le dernier ouvrage de l’historien Benjamin Stora et du journaliste François Malye nous replonge dans les heures sombres de la guerre d’Algérie en faisant le tour de l’action de François Mitterrand, alors garde des Sceaux.

François Mitterrand et la guerre d'Algérie (Calmann-Lévy, 302 pages, 18 €) multiplie les regards croisés pour rendre plus lisible cette période complexe de la décolonisation française.


Et c’est l’occasion pour les auteurs de revenir sur le rôle joué par M. Mitterrand au sein du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). S’il quitte le ministère en mai 1957, il aura tout de même acquiescé à la mise à mort de 45 nationalistes algériens, refusant presque tout recours en grâce.

Les auteurs de ce livre se sont attachés à confronter différentes voix en faisant parler des personnages qui ont eu un rôle important à l’époque. Cette recherche et cette confrontation des survivants des deux côtés de la Méditerranée aboutit à construire un livre étoffé faisant le tour d’un moment de la vie de François Mitterrand.

Si ce dernier a émis des regrets, il n’a jamais cependant cherché à cacher son action en faveur d’une Algérie française. On discerne alors mieux quelles furent les motivations du futur président socialiste pour agir avec dureté lors de ce conflit sanglant.