Françoise Héritier, anthropologue et féministe, est décédée

Antoine Oury - 15.11.2017

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Lauréate d'un Prix Fémina spécial pour l'ensemble de son œuvre la semaine dernière, l'anthropologue, ethnologue, féministe et auteure Françoise Héritier est morte ce 15 novembre 2017, le jour de ses 84 ans. Elle est l'auteure de près d'une trentaine d'ouvrages, dont L'Exercice de la parenté (Gallimard, 1981) et Retour aux sources (Galilée, 2010) ou encore, dernièrement, Au gré des jours (Odile Jacob, 2017).

 

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Françoise Héritier en 2009 (Ji-Elle, CC BY-SA 3.0)


 

Née le 15 novembre 1933 à Veauche (Loire), Françoise Héritier commenca sa carrière de chercheur avec un contrat à l'Institut des Sciences humaines appliquées de Bordeaux en 1957, qui se concrétise par des missions au Mali et au Burkina-Faso. Elle raconta par la suite que lorsque Claude Lévi-Strauss, son mentor, avait proposé son nom, l'Afrique-Occidentale française, qui rassemblait alors les colonies, avait tenté de disqualifier sa candidature parce qu'elle était une femme...

 

En 1961, elle poursuit dans ce domaine et devient directrice du Centre d'analyse et de recherche documentaires pour l'Afrique noire (CARDAN), jusqu'en 1966, en faisant un établissement pionnier du genre. Un an plus tard, elle devient attachée, puis chargée, puis maître de recherches au CNRS, avant d'assumer le rôle de Directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales à partir de 1980.

 

Elle publie chez Gallimard, en 1981, L'Exercice de la parenté, une étude des raisons qui fondent « le petit nombre des types terminologiques existant en matière de parenté dans les sociétés les plus diverses ». En 1982, elle est élue au Collège de France à la chaire d'anthropologie, où elle succède à Claude Lévi-Strauss, qui voyait en elle son successeur.

Le Centre national du livre précise : « Françoise Héritier a été de 1982 à 1985 membre de la première commission Sciences de  l’Homme et de la Société du Cnl, présidée par Jacques Le Goff, à qui elle a succédé de 1985 à 1988 (Maurice Agulhon, Claude Durand, Jean Laplanche et Claude Mossé comptaient parmi les membres de sa commission). Elle a également présidé en 2012 le comité scientifique du programme de traduction d’articles de revues mis en place par le CNL en partenariat avec le portail Cairn.info. »

 

Elle prononce sa leçon inaugurale le 25 février 1983, intitulée « Étude comparée des sociétés africaines ».

 

Françoise Héritier a reçu le Prix Irène-Joliot-Curie, qui promeut la place des femmes dans le milieu scientifique, en 2003, la Grand-Croix de l'ordre national du Mérite en 2011, et a été faite Grand officier de la Légion d'honneur en 2014.

 

L'éditrice Odile Jacob, qui a publié plusieurs ouvrages de Françoise Héritier, lui a rendu hommage :

 



Les travaux et publications de Françoise Héritier portent notamment sur la notion d'inceste, sur les rapports des catégories de genre, sur la violence et l'anthropologie symbolique du corps.