Franzen défend les livres imprimés contre le prédateur numérique

Clément Solym - 02.10.2012

Edition - International - Jonathan Franzen - Lecture numérique - Conférence de presse


Le romancier américain Jonathan Franzen s'est exprimé au cours d'une conférence de presse à Cartagena, dans le cadre du Hay Festival en Colombie. Parmi les nombreux sujets évoqués, passant des habitudes littéraires de Barack Obama aux dangers de la technologie à l'ère capitaliste en passant par la mortalité, l'écrivain à succès s'est également érigé en défenseur inconditionnel des livres de format papier, dénonçant son pendant numérique comme dommageable pour la société.

 

 

Réfractaire à l'effet de mode consumériste

 

Selon Jonathan Franzen, romancier majeur aux États-Unis et connu pour se couper volontairement du monde du web lorsqu'il écrit, les consommateurs se laissent duper en croyant qu'ils ont toujours besoin de posséder les toutes dernières technologies.

 

Il a ajouté : « La technologie que j'aime, c'est la version de poche américaine de Freedom. Je peux renverser de l'eau dessus et il marchera toujours. Donc, il s'agit d'une très bonne technologie. Et qui plus est, il fonctionnera encore mieux d'ici 10 ans. Donc, pas étonnant que les capitalistes le détestent. C'est un modèle de mauvais business. »

 

Anticonsumériste, l'écrivain a déploré que les gens ne s'attachent plus à s'entourer d'objets inaltérables, essentiels selon lui pour faire marcher le monde, mais préfèrent succomber aux phénomènes de mode.

 

 

Inquiet au sujet de la disparition du livre traditionnel

 

Jonathan Franzen s'est dit heureux de savoir qu'il ne sera sûrement plus là pour voir dans une cinquantaine d'années si les livres imprimés auront définitivement été rendus obsolètes. Selon lui, un fichier dématérialisé acquis par le biais d'Amazon ne rendra jamais la magie d'une page en papier.

 

Et d'ajouter : « Peut-être que personne ne se soucie de savoir où en seront les livres imprimés dans 50 ans, mais moi je m'en soucie. Quand je lis un livre, je tiens entre les mains un objet spécifique dans un lieu et à un moment spécifique. Le fait que quand je prends un livre sur l'étagère, cela reste la même chose, c'est rassurant. [...] Sur un écran on peut effacer ça, le changer, le modifier. Alors pour un fou de littérature comme moi, c'est juste pas assez permanent. »

 

 

Nuisible à l'emploi du temps de monsieur le président

 

Au sujet du président des États-Unis, Franzen a dit : « Une des raisons pour lesquels j'aime autant Barack Obama c'est que nous avons enfin un vrai lecteur à la Maison Blanche. Il est absolument impressionnant. Voilà l'un d'entre nous dirigeant les USA. Quand j'ai entendu qu'il était en train de lire Freedom, je me suis dit : Pourquoi lis-tu un roman ? Il y a des choses importantes à faire ! »

 




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