Frédéric Mitterrand : "Un système, où les hommes politiques ne lisent plus"

Clément Solym - 17.11.2014

Edition - Frédéric Mitterrand - édition livres France - Fleur Pellerin


Quelques semaines après l'impair de la ministre de la Culture, affirmant qu'elle n'avait jamais lu Patrick Modiano, consacré prix Nobel de littérature, Frédéric Mitterrand a apporté son soutien à Fleur Pellerin. « Si elle ne l'a pas lu, elle le lira », assure-t-il. Pour autant, l'ancien locataire de la rue de Valois n'apprécie pas vraiment l'actuelle classe politique, et son manque de goût pour la littérature, et la lecture.

 

Frédéric Mitterrand, Salon du livre de Paris 2012 - ActuaLitté CC BY SA 2.0 

 

 

Le président de la République, François Hollande, aurait salué l'effort d'honnêteté de la ministre : l'Express l'avait assuré la semaine passée, Fleur Pellerin avait eu raison de dire la vérité, selon le président. Dans ce contexte, Frédéric Mitterrand porte un regard désabusé sur ce milieu politique, loin de la chose artistique. 

 

Il précise, au JDD : « Je suis indulgent avec Fleur Pellerin, car je ne veux pas me retrouver du côté de la meute. Fleur Pellerin n'est que l'expression d'un système, où les hommes politiques ne lisent plus. Les exceptions se comptent sur les doigts de la main. »

 

Et de déplorer surtout que certains n'aient recours à la culture que « de manière utilitaire, et c'est pire que tout ». Pourtant, des Manuel Valls, ou Bruno Le Maire « sont, eux, de véritables amoureux de la culture », et trouvent alors grâce aux yeux de Mitterrand. Quant à Modiano, après tout, la génération de Fleur Pellerin est tout à la fois avant et après l'œuvre du romancier, alors que les gens de l'après-guerre, comme Frédéric Mitterrand, ont été plus sensibilisés à cette œuvre, et cette écriture. 

 

Ce qui ne l'empêche pas de pourfendre l'absence de connaissance de la part des politiques, citant son oncle, François, qui profitait de la moindre occasion pour lire. « Sa vie politique n'était pas nourrie par la politique politicienne, mais par une vision du monde. On attend justement des politiques qu'ils aient une vision du monde. »

 

Or, si la littérature a, pour lui, été une compagne de toujours, Frédéric Mitterrand s'éloigne, ou se tient éloigné, du monde de l'édition, qu'il assure ne pas connaître. « Je n'appartiens par à leur monde, car je n'appartiens à aucun monde. Ils jugent d'ailleurs eux-mêmes que je ne fais pas partie de leur milieu : à leurs yeux, je suis sans doute trop futile et trop ailleurs pour avoir la carte. »

 

La période, agitée, du côté de l'UMP, donne aussi l'occasion de tresser les lauriers aux uns et aux autres. Notamment à Alain Juppé, homme modéré, « non pas parce qu'il lit, mais parce qu'il écrit. L'écriture est source de distance, de réflexion. Elle incite à la modération. C'est le temps long ». 




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