#FreeTheWords : création d'une alliance pour défendre la liberté d'expression

Antoine Oury - 20.10.2016

Edition - Société - Free Words Alliance - Free the Words - Foire livre francfort


En Chine ou en Turquie, la liberté d'expression et de publication est particulièrement mise à mal, ces derniers mois : sur une invitation du Boersenverein, l'Association des éditeurs et des libraires allemands, des organisations de défense des libertés individuelles et les éditeurs travailleront main dans la main pour la protection de ces droits, à travers la Free Words Alliance. – De notre envoyé à Francfort.

 

De gauche à droite : Ben Steward (IPA), Christian Mihr (Reporters sans frontières), Jutta Gehrig, Alexander Skipis (Börsenverein), Kristenn Einarsson (Den norske Forleggerforening), Angela Gui, Markus Beeko (Amnesty International), Ozgur Akin et Yonga Cingöz (Turkish Publishers Association)

 

 

Unir les voix et les moyens pour mieux se faire entendre : c'est l'idée derrière la Free Words Alliance, réseau créé de manière informelle à la Foire du Livre de Francfort ce 19 octobre et qui deviendra une structure à part entière d'ici l'année prochaine. 

 

L'initiative provient d'une suggestion du Boersenverein, particulièrement engagé sur la question des droits d'expression et de publication avec sa campagne Für das Wort und die Freiheit (« Pour le mot et la liberté ») lancée en 2015.

 

Récemment, la Fédération s'était distinguée en publiant une pétition réclamant une prise de position ferme de Jean-Claude Juncker et Angela Merkel vis-à-vis de la situation en Turquie, où le gouvernement du président Erdogan a fait fermer 29 maisons d'édition, 16 télévisions, 23 radios, 45 journaux et 15 magazines suite au coup d'État manqué du 15 juillet dernier.

 

À ce jour, la pétition cumule plus de 100.000 signatures. 

 

Mais ce mode d'action ne semble plus suffisant : « La tâche qui nous incombe de protéger la liberté d'expression devient de plus en plus pertinente », souligne Alexander Skipis, directeur général du Boersenverein. « Travailler ensemble nous permettra de nous consacrer à ce devoir de manière plus efficace et mieux coordonnée. En amplifiant les échanges et en organisant de potentielles actions communes, nous serons plus à même de mobiliser le public et les politiques, ce qui nous permettra d'apporter un soutien plus complet à nos collègues persécutés et emprisonnés. »

 

La première réunion de la Free Words Alliance a réuni Amnesty International, le Börsenverein des Deutschen Buchhandels, l'Association des éditeurs norvégiens, la Fédération des éditeurs européens, International Cities of Refuge Network, l'Union internationale des éditeurs, Nederlands Letterenfonds (la Fondation néerlandaise pour la littérature) PEN-Center Germany, Reporters sans Frontières, le Syndicat National de l’Édition et l'Association des éditeurs turcs.

 

Angela Gui, la fille de l'éditeur chinois Gui Minhai, emprisonné par les autorités chinoises pour avoir publié depuis Hong Kong des ouvrages révélant les moeurs et les scandales de l'élite du pays, a participé à cette réunion, aux côtés de l'auteur irakien Najem Wali.

 

La Free Words Alliance se réunira de nouveau au salon Livre Paris, organisé du 24 au 27 mars 2017.