Fronde des bibliothèques parisiennes : Duras prête à la grève

Clément Solym - 11.08.2010

Edition - Bibliothèques - greve - paris - travail


Hier, la mairie de Paris nous expliquait n'avoir pas encore reçu la fameuse lettre réclamant à Christophe Girard une réponse pour le 26 août, concernant l'augmentation de la prime dominicale.

Joint par Actualitté, Bertrand Pieri, responsable syndical s’est d’abord étonné : « Ils vous ont dit ne pas avoir reçu la lettre ? Elle a été remise en main propre au cabinet de monsieur Girard (adjoint au maire de Paris chargé de la culture, ndlr) avec accusé de réception… ». En mains propres, avec AR... on peut s'étonner. Mais soit. Mise à jour du 11/08 : la Mairie de Paris nous certifie avoir finalement bien eu connaissance de la lettre papier.

Appel du pied à botter en touche ?

La médiathèque Marguerite Duras, Paris XXe
La missive en question est un avertissement des trois bibliothèques parisiennes qui ouvrent le dimanche. En effet, le personnel de celles-ci demande une prime dominicale de 100 €, plutôt que les 75 € actuels. L’intersyndicale CGT, CFDT, CFTC, FO, UCP, UNSA et Supap FSU demande une réponse de la mairie avant le 26 août, date de l’AG du personnel des trois bibliothèques, François Truffaut (Ier), Marguerite Duras (XXe) et Marguerite Yourcenar (XVe).

Si réponse négative, les trois bibliothèques seront en grève le dimanche 5 septembre. Bertrand Pieri est pessimiste : « Je pense qu’il n’y aura tout simplement pas de réponse. Auquel cas la grève sera déclenchée. La totalité du personnel de Marguerite Duras, soit 50 personnes, s’est déjà déclaré favorable à la grève. Cela fait déjà un an et demi qu’ils revendiquent cette augmentation ». Dans une mesure moindre, Yourcenar et Truffaut devraient comme même suivre l’appel à la grève.

Une première

Et que la mairie de Paris, malgré les vacances opportunes de Christophe Girard, réponde ? Bertrand Pieri est plus que sceptique : « Je n’y crois pas. » Un pessimisme de mise, puisqu’aucun membre du personnel de la mairie de Paris travaillant le jour du Seigneur ne touche 100 € nets ou bruts. Seule offre de Monsieur Girard sur la question, passer de 75 € bruts à 75 € nets.

« Un dimanche sur cinq »


Ce que les salariés refusent. Toujours selon Bertrand Pieri, ils devront être prêts à tenir. « Je vais les prévenir lors de l’AG que la dernière fois que Yourcenar s’est mise en grève, celle-ci a duré 5 semaines ». Sont-ils prêts à aller jusqu’au bout ? « Comme chacun des employés fait un dimanche sur cinq, ça leur permet de faire cinq semaines de grève minimum, avec un seul jour de chômage chacun ». Le 5 septembre verra donc sans doute les bibliothèques François Truffaut, Marguerite Yourcenar et Marguerite Duras fermées.

Pour quelques euros de plus


Duras, dont le 5 septembre devait être le premier dimanche travaillé. Mais leur principale revendication n’est-elle pas que le dimanche, le travail est plus éreintant ? « Ca, mais ils considèrent aussi le mériter ». Comment savoir sans essayer ? Avec un peu de chance, le dimanche il fait beau, les oiseaux chantent, et les salariés sont heureux et accueillants !

Surtout, après rapide calcul particulièrement difficile, un dimanche travaillé sur cinq, ça fait au mieux quinze euros de plus dans le mois. C’est pour ces quelques euros de plus que vous voulez priver la population parisienne, déjà inculte, de culture ? On s'en étrangle rien qu’à se relire… c’est du terrorisme culturel.

Changer les établissements en épiceries...

Petite précision : le souci reste que, quand bien même tout Paris devenait PUCE, il est peu probable que le maire se dirige vers une augmentation de la prime dominicale, les bibliothèques n'étant pas « encore » des commerces. Et pourtant, souligne-t-on, les puces RFID et les automates de prêt, tendent à centre-commercialiser la profession, comme c'est déjà le cas en Angleterre. Dans un établissement, des caisses automatiques ont été installées pour permettre de réduire le personnel, trop coûteux...

Que penser alors du comportement de la mairie, qui d'un côté prêche pour une hausse des salaires dans le privé, mais pour ses employés fait grise mine ?