Fusion La Martinière-Média-Participations : pas de mise à mal de la concurrence

Antoine Oury - 04.05.2018

Edition - Economie - avis concurrence martiniere media participations - fusion martiniere media participations - media participations concurrence


Quelques mois après un premier avis favorable à la fusion de La Martinière et de Média-Participations, l'Autorité de la Concurrence a publié son avis complet sur la question. Avec la même conclusion, qui indique que « l’opération ne soulève pas de doutes sérieux d’atteinte à la concurrence ». L'avis de l'Autorité révèle de nombreux chiffres sur les deux groupes, la concentration et la concurrence dans l'édition. 


Foire du Livre de Francfort 2017
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 

Le rapprochement de La Martinière et de Média-Participations, annoncé par un courrier « en date du 20 juillet 2017 », se concrétise actuellement par la formalisation d'un apport d’actions de La Martinière Groupe à Média-Participations. La fusion s'organise actuellement, avec la nomination d'un commissaire aux apports par le tribunal de commerce de Paris, suite à une requête de Média-Participations.

 

L'opération de fusion est aussi une opération de concentration, précise l'Autorité de la Concurrence, qui détaille les chiffres d'affaires des groupes, d'abord au niveau mondial, soit 352,4 millions € pour l’exercice clos le 31 décembre 2016 pour Média-Participations et 205,9 millions € pour La Martinière sur la même période.

 

Sur le marché des droits primaires (première édition en langue française d’un ouvrage) pour les ouvrages français et étrangers, la nouvelle entité La Martinière-Média-Participations obtiendra une part de marché de 0 à 10 %, plus marquée du côté de la littérature étrangère. En jeunesse, elle s'estime entre 0 et 20 %, toujours du côté de la littérature étrangère, tandis qu'en bande dessinée, elle atteint entre 30 et 40 % pour la production française, ce qui s'explique par la place de Média-Participations, et 20 à 30 % pour la BD étrangère. 

 

Des risques identifiés, mais relativisés

 

« Il ressort de ces éléments que, à l’exception du segment des droits français de bandes dessinées, sur aucun des segments du marché de l’acquisition des droits primaires d’édition la nouvelle entité n’aura une part de marché excédant [20-30] % », souligne l'Autorité, qui précise que la concurrence de Hachette, Editis et Gallimard sera toujours assurée.

 

Sur le segment des droits français de bandes dessinées, justement, la part de Média-Participations atteint les 30-40 %, tandis que celle de La Martinière est estimée entre 0 et 5 %. Si l'addition rapproche la nouvelle entité des 50 % du marché, l'Autorité assure qu'elle « sera confrontée à la concurrence de groupes indépendants d’édition de bandes dessinées francophones, comme Delcourt et Glénat ».

 

Sur le marché des droits secondaires (les livres poche), seule La Martinière est active, tandis que les activités de distribution des deux groupes (MDS et DLS pour Média-Participations et Eden Livres pour La Martinière) aboutissent à des parts de marché cumulées inférieures à 20-30 %, selon l'Autorité.

 

Sur les marchés de la vente de livres par les éditeurs aux revendeurs, autrement dit la présence en librairies, l'Autorité estime encore, comme pour les droits primaires, que la concurrence ne sera pas mise à mal par la fusion. « S’agissant de la vente de bandes dessinées, l’incrément de parts de marché résultant de l’opération sera marginal (inférieur à un point) », assure l'Autorité.

 

L'Autorité reconnaît la possibilité d'un risque de concentration verticale, qui peut rendre plus difficile l'accès à certains marchés pour les concurrents : « un risque d’effet vertical peut en principe être écarté dès lors que la part de marché de l’entreprise issue de l’opération sur les marchés concernés ne dépasse pas 30 % ». Or, comme l'indique l'Autorité, les parts de marché de la nouvelle entité pour la bande dessinée sont supérieures à ce seuil. 

 

L'Autorité relativise toutefois ce risque : 

 

Toutefois, le risque d’effet vertical peut être écarté en raison de la faible part des besoins de Média-Participations en distribution de livres pouvant être couvert par La Martinière, à travers la structure Eden Livres, cette structure n’étant active qu’en matière de distribution de livres numériques à destination des revendeurs en ligne. De plus, la nouvelle entité fera face, sur le marché de l’acquisition des droits français de bandes dessinées et sur les marchés de la vente de bandes dessinées aux revendeurs, à la concurrence de groupes indépendants d’édition de bandes dessinées francophones, comme Delcourt et Glénat.

 

De la même manière, l'Autorité reconnaît un risque d'effet congloméral dans la concentration, en raison des parts de marché supérieures à 30 % dont disposera la nouvelle entité, mais précise que « le risque d’effet congloméral peut être écarté en raison de l’absence de complémentarité entre les différentes catégories d’ouvrages proposés par les maisons d’édition composant le portefeuille de la nouvelle entité », en insistant sur la concurrence de Hachette, Editis et Madrigall, qui détiennent « des positions supérieures à la sienne, et qui sont présents sur tous les segments de marché sur lesquels la nouvelle entité sera active ».

 

L'avis complet de l'Autorité, qui se base en partie sur des informations fournies par Média-Participations, est accessible à cette adresse ou ci-dessous.




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.