Gabriel Garcia Marquez : tout un cinéma, mais "un écran ne suffit pas"

Cécile Mazin - 27.04.2015

Edition - International - Gabriel Garcia Marquez - Nobel littérature - cinéma film


Gabriel Garcia Marquez et Macondo, le pays imaginaire de Cent ans de solitude, sont les stars de la Foire du livre de Bogota. À l'occasion d'un colloque autour de Gabo et le cinéma, on a rappelé une fois de plus combien ses œuvres étaient impossibles à porter sur grand écran. Le réalisateur chilien Miguel Littín let le scénariste Cubain Senel Paz l'ont répété. 

 

 

Ver en directo sepelio de Gabriel García Márquez

En Directo, CC BY SA 2.0

 

 

Le romancier l'avait lui-même affirmé : ses livres ne sont pas faits pour le cinéma. Lorsque le producteur Harvey Weinstein était venu lui rendre visite pour que Giuseppe Tornatore s'empare de Cent ans de solitude, il avait été bien reçu. « Nous devions filmer tout le livre, mais proposer un chapitre — deux minutes de longueur pour chacun — pour chaque année, depuis 100 ans », se souvenait le producteur. 

 

Garcia s'était surtout arrangé pour rendre ses livres inadaptables, en imposant des conditions particulièrement lourdes pour que le cinéma y puise de nouvelles productions. 

 

Miguel Littín souligne malgré tout que, pour arriver à rendre l'œuvre littéraire du Prix Nobel, il faudrait identifier tout le prosaïsme de ses livres, « parce que Garcia Marquez fait du trivial quelque chose d'extraordinaire et à l'insignifiant, donne une dimension épique et impossible », rapport l'agence EFE.

 

Proche du romancier, il estime que, pour Gabo, « un écran ne suffisait pas », il faudrait tous les écrans, afin de rendre son « art démesuré et immense ». Mais surtout, la lecture qu'il faisait du monde a apporté, de même que d'autres écrivains latino-américains, de mieux comprendre l'ensemble du continent. « Apprendre de la réalité, pas des livres », écrivait Gabo.

 

Pour Senel Paz, Garcia Marquez était en réalité « un homme qui voulut être réalisateur, et devint écrivain ». Et, pour plaisanter, d'imaginer que l'on puisse découper sa vie en deux parties : la première où Marquez a couru après le cinéma, et la seconde, où le cinéma lui courut après. 

 

C'est que Gabo fut journaliste et critique de cinéma, et fondateur de l'École internationale de Cinéma et de Télévision de Cuba. En 1963, il s'était lancé dans l'écriture de scénario. Plusieurs de ses romans ont malgré tout fait l'objet d'adaptation, comme Chronique d'une mort annoncée, réalisé en 1987 par Francesco Rosi.