Galaade Éditions mis en liquidation judiciaire

Clément Solym - 18.04.2017

Edition - Economie - Galaade Éditions - liquidation judiciaire éditeur - essais fiction traduction


Créée en 2005 par Emmanuelle Collas, Galaade Editions était spécialisée dans la littérature et les essais. La maison d’édition indépendante, distribuée par Interforum depuis janvier 2016, a été mise en liquidation judiciaire, actée ce 18 avril. 


 

 

« Après des mois d’un combat acharné pour trouver une solution favorable aux difficultés, malgré tous nos efforts et notre engagement, sans compter les multiples et épuisants rebondissements, il n’y a pas eu de miracle. La société Galaade Éditions est contrainte de cesser son activité », annonce sa présidente. 

 

La maison s'était axée sur la construction d’un catalogue et privilégiant une politique d’auteur : Hakan Günday, Abdulrazak Gurnah, Ursula Hegi, Yoel Hoffmann, Tuna Kiremitçi, Arnošt Lustig, Juan José Millás, Helen Oyeyemi, Szilárd Rubin, Alberto Ruy-Sánchez, Igor Štiks, Ayfer Tunç, Murat Uyurkulak, Bert Wagendorp, Irvin Yalom… Et engagée dans les débats contemporains (essais de fonds et textes d’intervention avec la série Auteur de vue) : Tariq Ali, Noam Chomsky, Patrick Chamoiseau, Hrant Dink, Edouard Glissant, Avirama Golan, Ilan Pappé, Edwy Plenel, Raja Shehadeh, Oliver Stone, Dubravka Ugresic…


Avec un catalogue de 80 titres, et une douzaine de parutions chaque année, la maison proposait des textes de fiction tant française qu’étrangère, ainsi que des essais. Plusieurs récompenses ont salué les œuvres parues – Prix Première des auditeurs de la RTBF à Marc Lepape, Vasilsca en 2008 ou celui des Lecteurs du livre de Poche, en 2010, attribué à Ursula Hegi pour Trudi la naine.
 

La maison avait également reçu le Médicis étranger, pour le roman Encore, du Turc Hakan Günday (traduction de Jean Descat) en novembre 2015, mais cette réussite n’a pas suffi. Placée en redressement judiciaire en septembre 2016, la maison a lourdement souffert d’une trésorerie tendue, la contraignant à se placer sous protection d’un administrateur judiciaire.

 

La SGDL avait d’ailleurs rapidement réagi, en incitant les auteurs à « tenter de récupérer [leurs] montants de droits d’auteur, de déclarer [leur] créance [...] auprès du mandataire judiciaire ». Et ce, avant le 7 décembre 2016. Cette intervention, en octobre 2016, faisait suite à la mise en redressement par le Tribunal de commerce de Paris. 

 

En l’absence de solution, la liquidation s’est imposée.


Rendez-vous est donné pour une nouvelle aventure, mais sans plus de détails. « Certes demain nous perdrons notre passé, mais nous gardons notre histoire et nous regardons l’avenir », conclut Emmanuelle Collas.