Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Gallimard : pas de concurrence entre tablettes et contenus

Clément Solym - 03.04.2012

Edition - Les maisons - Antoine Gallimard - concours - roman jeunsse


« On dit qu'il y a autant de lecteurs que d'écrivains. Ou même qu'il y a plus d'écrivains que de lecteurs. » Ah, qu'elle sonne juste, cette phrase d'introduction liminaire préalable, lancée par Antoine Gallimard vers les nues du micro de RTL. Le PDG de la maison éponyme et président du Syndicat national de l'édition était en vadrouille ce matin pour annoncer la très bonne nouvelle.

 

En effet, un concours du premier roman jeunesse, en partenariat avec Télérama et RTL. « Les bons lecteurs font aussi les bons écrivains », assure-t-il, et à ce titre, il est donc important de pouvoir les trouver. Les lecteurs. Pour les écrivains, le stock est dense. Ce sont entre 8 et 10.000 manuscrits que Gallimard jeunesse reçoit chaque année, et la maison espère en recevoir encore plus avec ce prix, dont le lauréat sera connu au mois de juin prochain.

 

Pour ce concours, tout le monde peut s'inscrire, entre 7 ans et 90 ans. Le concours sera ouvert le 12 avril prochain, et jusqu'à fin août, les manuscrits pourront être envoyés. L'équipe choisira alors trois manuscrits qui seront présentés sur internet, pour que tout un chacun puisse les lire. Et viendra enfin le vote pour l'élection du livre, qui deviendra « un auteur Gallimard ». 

 

 

  

Une forme assez pratiquée de recrutement par le net, qui pose évidemment la question du livre numérique. « Moi, ce qui m'inquiète, ce sont les fabricants de tablettes, qui considèrent qu'il faut d'abord vendre leurs tablettes, avant de vendre des contenus culturels. Notre souci, au Syndicat, c'est de défendre les écrivains, défendre la création et la rémunération. » Bien sûr, l'édition essaye de mettre en place une offre attractive, mais « il ne faut pas qu'il y ait une sorte de concurrence entre les tablettes et les contenus ». 

 

On passera rapidement sur ce journaliste qui arrive à s'interroger sur la présence de lecteurs ebook à l'occasion du Salon du livre de Paris - et s'en émeut presque. Petite piqûre de rappel d'Antoine Gallimard : le Salon du livre, c'est un espace pour les lecteurs, les libraires et les éditeurs. « C'est un salon d'éditeurs. » Une précision qui a son charme quand on se souvient comment a été organisée assez lourdement la conférence des libraires, avec l'intervention du ministre de la Culture. (voir notre actualitté

 

Il n'aura alors pas échappé que la mise en place de cette conférence était un peu chaotique, et surtout, assez étonnante. Mais soit. 

 

Revenons aux propos d'Antoine Gallimard, pour qui « un support ne doit pas chasser l'autre et on doit cohabiter. Notre souci est que le numérique ne chasse pas non plus le papier, qui a droit de cité ». Nous vivrons donc, demain - ou après-demain, peut-être - avec des livres sur écran et d'autres sur papier. 

 

De même, cette histoire de hausse de la TVA, qui fait augmenter le prix de livres que l'édition a du mal à vendre actuellement, « pour les lecteurs, c'est pas terrible, pour les libraires, c'est compliqué ». « Moi, je plaiderai pour une TVA à 0, comme en Angleterre. » Or, cette hausse ne sera que de quelques centimes : le secteur est-il fragile ? « Non, ce n'est pas le livre qui est fragile, c'est la librairie. Les marges sont infimes, moins de 1 %. Je crois qu'ils participent déjà beaucoup [à l'effort]. » 

 

Et sur Flammarion ? Fin avril, on aura le nom. « En tout cas, je suis en peloton de tête. »