Games Workshop revendique l'exclusivité du terme Space Marine

Nicolas Gary - 11.02.2013

Edition - Justice - Games Workshop - Warhammer 40000 - Space Marines


L'univers va trembler : les Spaces Marines font l'objet d'une dispute douloureuse.Le fabricant de jouets britannique Games Workshop, est aujourd'hui vivement critiqué parce qu'il revendique les droits d'exploitation du nom Space Marine. Or, un petit problème s'est présenté, quand un ebook américain est sorti, avec ce nom. Provoquant l'envoi immédiat d'une plainte de la part de Games Workshop...

 

 

 

 

Si les entreprises britanniques ont de plus en plus recours aux avocats pour protéger leurs marques et les droits d'exploitation, les auteurs de science-fiction qualifient d'absurde, pour dire le moins, l'idée qu'un droit puisse s'appliquer sur ce terme. 

 

En décembre 2012, l'auteure Maggie Hogarth découvre que son livre Spots, le Space Marine, a été supprimé des colonnes d'Amazon, alors qu'il y était commercialisé en format numérique. Au cours de ses échanges, elle apprend que c'est suite à une plainte de Games Workshop que le livre a été éliminé. Elle se tourne alors vers l'éditeur de figurines et voilà qu'on lui explique qu'elle ne peut revendiquer un pareil titre, puisqu'il contrevient au copyright...

 

Space Marine, c'est pourtant un terme admis pour désigner des soldats de l'espace - littéralement, d'ailleurs - et aujourd'hui considéré comme un des fondamentaux de la littérature de science-fiction. L'auteure déplore par ailleurs qu'il ne lui soit pas possible de se défendre dans cette situation, n'étant pas en mesure d'affronter la réclamation de Games Workshop.

 

L'Electronic Frontier Foundation, société qui milite pour les droits des consommateurs dans l'univers numérique, s'est rapidement emparé de l'affaire. Mais ce n'est pas tout : des auteurs comme Cory Doctorow, Charles Stross ou John Scalzi ont apporté leur soutien direct à l'auteure, notamment au travers de Twitter, avec le hashtag #spacemarines.

 

Absurdité, ou le #CopyrightMadness de retour

 

Or, John Scalzi est actuellement le président de la Science Fiction and Fantasy Writers of America. Pour lui, cette plainte de Games Workshop est absolument ridicule, surtout que l'expression est entrée dans le vocabulaire commun de la SF. Un terme générique, en quelque sorte, bien avant même que la société ne décide de baptiser ses petits soldats de plomb, qui servent dans les jeux de plateau, avec ce terme. 

 

Chez l'éditeur, on se défend en assurant aux médias que l'on n'a rien à dire à la presse. C'est la ligne de conduite de la maison que de défendre ses marques, et elle n'entend pas laisser qui que ce soit lui marcher sur les réacteurs. 

 

Susan Hall, avocate spécialisée dans le droit des marques, explique que cette situation reste complexe. En effet, Games Workshop pourrait lancer une campagne massive en Europe, ainsi qu'elle l'a fait aux États-Unis en invoquant la défense du premier amendement. Space marine est en effet un terme protégé depuis 1995, et toute utilisation sans accord préalable est susceptible d'attirer la colère de la marque. 

 

« Si vous avez déposé une marque, vous pouvez empêcher les gens de l'utiliser dans le cadre d'échanges de marchandises qui ne sont pas les vôtres ou des conditions que vous n'avez pas approuvées », souligne-t-elle. Or, on retrouve bien le terme employé pour la première fois en 1932 dans une histoire de Bob Olsen, parue dans Amazing Stories, Captain Brink of The Space Marines. On l'a également entendu dans le film Starship Troopers, tiré du livre, paru lui en 1959. 

 

Sur son blog, l'auteure a également attiré l'attention en publiant plusieurs billets sur cette affaire. « S'ils décident de poursuivre dans cette voie, la science-fiction perdra un terme qui a été l'un des référents depuis sa création. »

 

Une page de soutien sur Facebook réclamant la libération des Space Marines a été mise en place.