Gare de Lyon, Cofidis offre 4000 livres : on rejoue Mort à crédit Relay ?

Nicolas Gary - 22.11.2016

Edition - Librairies - Cofidis Relay Gare Lyon - bibliothèque donner livres - ventes points Relay


Quand un spécialiste du crédit décide de faire la chasse aux préjugés et aux idées reçues, les opérations de street marketing fusent. Ainsi, Cofidis s’est installé Gare de Lyon, avec une bibliothèque éphémère. Au programme, 1000 livres chaque jour à offrir – et le café avec. Le tout avec le sourire... 

 

 

 

Depuis un plus d’un an, Cofidis a décidé de décaler ses messages publicitaires, avec des spots détournant des préjugés à la vie dure. Après les spots audiovisuels type « Les mamies ont toujours des caniches » ou « Les hommes ne savent pas faire la cuisine », c’est le street marketing qui prend le relais. Idée reçue : les gens ne lisent plus. Un préjugé que la société a décidé de mettre à mal en ouvrant cet espace où il suffit de choisir son ouvrage, avant de repartir avec. 

 

 

 

Ouverte ce 21 novembre, la bibliothèque restera ouverte jusqu’au 24, avec cette mission de démontrer que les gens lisent — du moins les voyageurs prenant un train... Parmi les titres proposés, romance, science-fiction, manga (One-Punch Man, notamment), jeunesse, roman historique — et des noms comme Michel Bussi, JK Rowling, Stephen King ou Asimov et Amélie Nothomb. « Nous avons 1000 livres par jour à distribuer quotidiennement, avec un panachage varié de nouveautés ou de classiques, avec 15 exemplaires par référence », nous explique-t-on sur place.

 

Entre littérature française ou étrangère contemporaine, la première journée s’est plutôt bien déroulée : « Il ne nous restait que de la jeunesse et des mangas. On est en semaine, et la cible est bien moins familiale — même si beaucoup de parents en profitent pour choisir des livres pour leurs enfants. » Bien entendu, c’est un décalage que l’on cherche pour attirer l’attention, tout en travaillant un message qui rend la marque plus sympathique.

 

Quant au livre numérique ? « On ne s’est pas posé la question. » L’idée étant de repartir avec un objet dont le capital sympathie reste très fort, le mieux reste encore d’avoir un ouvrage imprimé. « Et montrer que les gens lisent toujours. Ne pas avoir le temps, en fait, c’est une mauvaise excuse. »

 

4000 ouvrages offerts, à la barbe des Relay de la gare

 

Sur place, les voyageurs échangent, discutent. « Alors, t’as pris quoi ? », questionne une femme. Un père félicite les organisateurs, tout en assurant que « cela ne marcherai pas avec les enfants... Si vous pouvez faire lire ma fille, alors je vous l’envoie ». 

 

 

La gare de Lyon compte toutefois deux espaces Relay, lesquels vendent évidemment des livres. Le premier, d’une superficie assez réduite, se lamente. « D’abord, personne de la gare ne nous a avertis. On a découvert cela hier... » Et de nous assurer que, sur la seule journée du lundi, plusieurs centaines d’euros de chiffre d’affaires sont perdus. « Cela touche surtout les ventes de livres de poche que l’on ne fera pas », poursuit-on.

 

Avec un chiffre d’affaires Livres autour de 18/20 % sur l’année, les dents grincent. « On a pu constater hier que les ventes de livres avaient diminué... Ce genre d'événement, c'est une perturbation avec des conséquences immédiates. Et ça continuera aujourd'hui et encore, et encore... »

 

Dans le second espace Relay, on semble plus informé, mais une certaine confusion qui règne toutefois : l'avertissement de la gare ne ressemblait pas vraiment à ce qui a été finalement mis en place. « C’est une cliente qui nous a alertés que Cofidis donnait des livres dans cette librairie éphémère. » Difficile de dire si les ventes en ont pâti, un peu ou beaucoup, pour ce lieu qui fait autour de 30 à 33 % de CA avec les livres. 

 

Les ouvrages, nous confirme-t-on sur l’espace de la bibliothèque, ont été achetés par le biais d’une centrale. « Si c’est celle de Relay, alors c’est déjà un moindre mal. Pour autant, ça n’aide pas les commerçants dans la gare. » La société est en effet une branche Travel Retail du groupe Lagardère ; pour l'instant, impossible de savoir à quelle centrale les ouvrages ont pu justement être achetés.

 

« Cela posera problème aux gérants, qui sont primés à l’intéressement sur les résultats de leurs boutiques. Ils nous ont tués la semaine, avec cette opération. En voyant les livres, ce sont des nouveautés que l'on vend nous aussi... » Nous n'avons pas eu d'interlocuteur à la Gare pour avoir de plus amples informations.