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Gatsby, Ulysse et Frankenstein, bienfaiteurs du capitalisme

Antoine Oury - 28.07.2014

Edition - Economie - livres rares et anciens - édition originale - marché d'occasion


Quand les monnaies sont dévaluées et que le cours des actions est incertain, le bon vieux papier reste une valeur refuge : les éditions originales datant de la première moitié du XXe siècle enregistrent ainsi une hausse sans précédent de leur valeur, depuis quelques années. Le grand vainqueur du cours des actions littéraires reste pour le moment Gatsby le Magnifique, talonné par quelques autres oeuvres aidées par une adaptation cinématographique...

 


Tableau des cotes et hausses, établi par le ThisIsMoney

 

 

Bien entendu, la valeur des ouvrages se mesure à l'aune de la rareté des documents : les 20.000 premiers exemplaires de Gatsby le Magnifique, vendus 2,50 $ pièce au moment de sa parution, peuvent désormais se monnayer pour 152.000 $... À condition d'être dans un état acceptable, malgré le passage du temps.

 

La hausse sans précédent des prix sur le marché n'est pas l'apanage des livres anciens : un exemplaire parmi les premiers imprimés de Harry Potter à l'école des sorciers, dans sa version britannique, s'échange aujourd'hui pour 21.000 €. Cependant, pour espérer avoir un de ses Graals dans sa bibliothèque, il faut espérer avoir eu le nez fin, ou simplement profiter d'un heureux hasard. La première édition de Harry Potter, qui remonte à 1997, n'avait en effet été imprimée qu'à 500 exemplaires...

 

Cependant, le marché se plie à certaines règles, et un livre abîmé, même rare, pourra perdre jusqu'à 90 %, ne laissant plus que les yeux pour pleurer sur les pages cornées. Le livre doit être conservé dans une parfaite intégrité : les insupportables jaquettes placées devant la couverture, encore présentes sur l'exemplaire, en font grimper la valeur de manière exponentielle : une édition originale du Rocher de Brighton, par Graham Green vaut ainsi près de 900 € sans jaquette, contre 25.000 avec le précieux morceau de papier.

 

Bien entendu, toute édition autographiée par l'auteur est d'autant plus susceptible d'être recherchée par les collectionneurs. Se tourner vers les oeuvres adaptées en film ou en série est également une bonne technique : cote de popularité et cote pécuniaire avancent main dans la main. 

 

Ainsi, une édition de Game of Thrones signée par George R.R. Martin en 1996 monte à 885 € aujourd'hui, quand elle ne valait que 250 € en 2004, avant la série de HBO... Le Seigneur des Anneaux, lui, a vu sa cote grimper de 567 % en quelques années...