Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Gauthier Morax chargé de la programmation littéraire de Livre Paris 2018

Nicolas Gary - 10.07.2017

Edition - International - France Francfort manifestation - salon Livre Paris - Gauthier Morax littéraire


Le salon du livre de Paris aura pour son édition 2018 un nouveau coordinateur pour la programmation littéraire. En effet Evelyn Prawidlo, qui avait la responsabilité des éditions 2016 et 2017, quitte l’événement parisien. Notamment parce qu’elle a en charge la coordination de la programmation littéraire de Francfort en français.


Livre Paris 2017
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Le déplacement de la France à Francfort mobilise les troupes : en effet, pas moins de sept conseillers sont dédiés aux œuvres – littérature, avec Alain Mabanckou et Frédéric Boyer, mais également jeunesse (Sylvie Vassalo, directrice du salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil), ou encore Mathieu Diez, pour la bande dessinée et Xavier North pour la langue française. 

 

Francfort, qui se prépare assidûment en France, mobilise trop d’attention et l’ancienne directrice de la programmation littéraire de Livre Paris avait annoncé son intention de se consacrer à la manifestation allemande. Avec la France en invitée d’honneur, Livre Paris devenait trop lourd à gérer. Elle n’abandonne toutefois ni Les correspondances de Manosque ni le festival Italiassimo, fondé en 2016.

 

Son remplacement à Livre Paris sera assuré par Gauthier Morax, qui a précédemment travailé pour l’agence Le troisième pôle. Il a déjà assuré la direction artistique des éditions 2013 et 2014 de Le goût des autres, festival littéraire qui se déroule au Havre. 

 

De 2001 à 2004, il est été attaché culturel auprès de l’Ambassade de France à Belgrade en Serbie avant de prendre la direction du Marathon des mots de Toulouse de 2004 à 2007. Il participe en 2008 à la candidature de la ville de Toulouse au titre de Capitale européenne de la culture en tant que responsable du projet culturel. Il est ensuite missionné par le Centre national du livre pour le compte du Ministère de la Culture pour élaborer une manifestation littéraire à l’échelle nationale destinée à succéder à Lire en fête. Au CNL, il suit parallèlement l’édition des Belles étrangères consacré aux écrivains américains et coordonne leur séjour au Havre. 

 

Il avait également pris en charge la programmation de l’année où le Brésil fut à l’honneur de Livre Paris. Il collabore aujourd'hui avec l'agence Tome 2 en tant que coordinateur de la programmation de la Fête du livre du Var. Sa prise de fonction pour Livre Paris devrait être annoncée prochainement.

 

La France à Francfort, un “avant” un peu décevant

 

Dans son rapport présentant les repères statistiques 2016 de l’édition française, le Syndicat national de l’édition faisait part de données plutôt contrariantes. Si la France à Francfort doit apporter un rayonnement à l’édition française, les éditeurs observent que les ventes de droits en Allemagne sont en berne.

 

En effet, le chinois reste la première langue de traduction avec 19,3 % des contrats signés. Mais l’allemand bascule lourdement, avec un recul de 12,5 %, toutes catégories d’ouvrages confondues. De quoi inquiéter alors qu’à périmètre constant, les cessions de droits ne sont en baisse que de 1 % – soit 12.296 titres cédés pour 2016 et 1791 coéditions.

 

Pour 2016, l’Allemagne ne représente que 809 ventes, et le SNE d’observer : « Enfin, l’invitation d’honneur de la France à la Foire de Francfort 2017 n’a pas eu l’effet escompté sur le dynamisme des échanges avec l’Allemagne : la part des contrats cédés à des éditeurs allemands dans le total (6,6 %) a même baissé d’un point par rapport à 2015. » 

 

C’est ainsi un recul de 3,1 millions € que l’on observe dans les échanges – pour un recul des marchés à l’export de 14,1 millions €. « [L]e pays pass[e] ainsi en deux ans du rang de 1er à 3e pays acheteur non francophone, derrière le Royaume-Uni et l’Espagne », indique le SNE. Et surtout, l’Allemagne devient le 7e marché d’exportation avec 3,3 % de PdM, alors qu’elle se positionne en 6e position sur l’import, avec 7,3 % de PdM.