Geluck supplie : “achetez mes albums en librairie” plutôt que chez Amazon

Nicolas Gary - 07.11.2019

Edition - Economie - Philippe Geluck - librairies vente livres - Amazon internet livres


« Il faut couper le cou à ces sociétés qui envahissent le monde… » Philippe Geluck, invité de RCM Story, n’y va pas par quatre chemins, quand il pousse une geluckante. Un peu à la manière d'Apollinaire, d'ailleurs, avec son “Soleil, cou coupé”. Ainsi, c’est avec une certaine sérénité et beaucoup de calme qu’il incite ses lecteurs et fans à déserter Amazon…


 

Évoquant le grand patron d’Amazon, Jeff Bezos, « qui est en train de mettre dans la misère des dizaines de millions de gens qui vont perdre leur métier, notamment les libraires », Geluck s’indigne. Et avec raison. Les librairies, menacées par la firme américaine, l’affaire n’est pas nouvelle, mais le dessinateur ajoute que ces dernières ne sont pas seules pour qui le couperet Amazon pointe, « il y en a tellement d’autres… ».

Or, la réalité est que l’on retrouve bel et bien des albums du Chat sur la plateforme, comme le souligne un animateur. La réaction est sans appel.

« Je profite d’être ici… Je supplie mes lecteurs d’aller les acheter en librairie, plutôt que de les commander sur le net », affirme-t-il. Sur le net, peut-être pas : certaines sociétés françaises restent vertueuses dans la commande et la vente en ligne : mais la réalité est qu’Amazon est devenu si omnipotent que l’on en finit par désigner par synecdoque le géant américain, comme référent de la vente de livres sur la toile.

Et d’ajouter qu’il faut dire « qu’il existe des librairies de quartier » et plus encore « il faut se battre », pour les maintenir. Vœu pieux… mais qui peut le moins peut aussi le plus…
 


 
Philippe Geluck est publié chez Casterman, maison d'édition qui appartient au groupe Madrigall (Gallimard, Flammarion). Et quand on se souvient de la place qu'Amazon avait pu prendre au salon du livre de Paris, juste à côté de la maison d'édition centenaire, on imagine aisément que son PDG, Antoine Gallimard, serait particulièrement raccord avec l'auteur :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Salon du livre, dites-vous ? Intéressante symbolique de voir le stand de @editions_gallimard @casterman_bd @flammarionlivres se retrouver à côté de celui de @amazon : voilà ce qu'il en coûte, d'assimiler le cybermarchand à un libraire comme les autres. Parce que l'on peut douter que le groupe éditorial savoure pleinement ce voisinage. Et puis, une pensée aussi pour @livredepoche qui se retrouve à côté de @audible_fr : là aussi, ça doit piquer cette répartition des espaces. Surtout qu'il en reste plein d'inoccupé, de l'espace. @livre_paris #salondulivre #amazon #édition #éditeurs #livres #voisin #turbulent #cherchezlerreur #affintésselectives #auteurs #libraires #internet #gallimard #casterman #flammarion #amazon #cybermarchand #payetonstand #lecteurs #promiscuité #proximité #nofilter #barbelés #porosité #picoftheday #onvaenparler #çaferadubruit #etyaurapleindephotossurlesréseaux #gniarfffff #barzingueteam

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On attend à ce titre la réaction de Jeff Bezos : condamnera-t-il les propos et gags désopilants de Geluck, en invoquant le droit des matous à une vie privée ?



Commentaires
Ben oui le pouvoir bouffe sur les terres du pouvoir, car les prédateurs (malins et feignants) s'observent pour voir où sont les proies, les points d'eau, les parts de marché. Amazon ne fait que chasser sur les terres de "nos chers éditeurs". la différence, n'en déplaise au chat de Geluck, c'est la voracité. Le vérité c'est que les maisons traditionnelles se sont enrichies, embourgeoisées, endormies sur leurs lauriers et n'ont pas vu le danger venir. C'est le cycle : on se bat pour vaincre, une fois sur le trône, on s'endort et on se fait renverser par une autre ambition montante. CQFD
Totalement d'accord avec m. Geluck. Personnellement, j'ai acheté des livres sur Amazon, j'ai même une tablette Amazon, mais je préfère largement les livres papier que j'achète chez mon libraire qui est réel et avec qui je peux avoir un véritable échange.
Ancien libraire à la retraite et coorganisateur d'un salon annuel du livre

Je témoigne du cauchemar progressif que viventleslibraires
Si Geluck était aussi vertueux qu'il peut le paraitre, il prendrait des dispositions pour que ses œuvres ne soient pas vendues par Amazon. On peut inviter les acheteurs à...mais on peut aussi "inviter" les auteurs à...
Et que propose-t-il M. Gelluck pour faire vivre à ses clients la magie d'un clic Amazon ?

Rien.

Il aurait pu parler du site Les libraires indépendants.

Il faut arrêter de pleurer et être un peu proactif.

Le monde avance.

Très vite.

Et l'Europe pleure ou se fait du mal toute seule.

Déprimant.
En ce qui me concerne, sans amazon, je lirais beaucoup moins. On y trouve tout et la magie des suggestions me permet de découvrir des livres rares. En librairie, je suis souvent venu chercher des ouvrages non disponibles sauf sur commande avec un libraire qui n’y connaissait rien et dont il fallait que j’attende qu’il soit disponible. Un simple épicier. Et donc , deux déplacements, stationnement, temps perdu, temps d’attente etc ... bref , moi amazon, je cautionne
Vous n'êtes manifestement pas tombé sur un libraire digne de ce nom. Parce qu'un libraire digne de ce nom, c'est un libraire qui lit, qui connait et qui conseille.

Amazon fait des suggestions ??? Coooool ! Les données personnelles en pleine action, les mêmes qui vont être vendues à Machin qui en saura autant sur vous que votre femme !

Aller en librairie, c'est pas un gain de temps, c'est une DEMARCHE. On ne va pas à la libraire en espérant prendre un ticket et être servi en temps record comme à la boucherie de Carrefour. On y va pour une relation humaine, parler de ce qu'on aime, de ce qu'on a déjà lu, avec un libraire qui va vous connaitre et vous orienter sur d'autres ouvrages qui seront susceptibles de vous plaire, ou au contraire va élargir votre horizon en vous mettant un peu "en danger".

Aller en libraire, c'est une SORTIE, comme au musée ou au cinéma.

Ceci étant dit, si ce que vous voulez c'est acheter des livres comme des cacahuètes, conseillés par des algorithmes stupides seulement conçus pour vous vendre des trucs, alors continuez, continuez à offrir vos données personnelles à Amazon, vous ne méritez que ça !

Désespérant de lire des trucs pareils. L'humanité régresse, et on est content !
Nous pouvons comprendre le désarroi du libraire qui se voit voler son monopole par cette concurrence qui couvre la totalité des pays européens et pas que.

Ce libraire qui ressent cette frustration d'avoir un manque financier, n'ayant ce pouvoir d'avoir les mêmes armes pour se battre.

N'est-ce pas ce que nous ressentons nous aussi petits éditeurs de régions, auteurs en mal de reconnaissance, car souvent laisser au bord de la route littéraire, parce que pas assez rentable ? Nous ne réfutons que ce monopole du e.commerce n'est pas sain, mais à ce jour, n'a-t-il pas le mérite de faire vivre des milliers de producteurs, artisans, artistes, qui n'ont aucune visibilité en commerces, petits et grands n'étant jamais représentés.

Certes, les méthodes de travail ne sont pas très humaines, mais ressembles étrangement à celles pratiquées dans les grandes surfaces, les magasins de quartiers où l'employé n'est souvent que deux bras au service d'un patron ?

Nous dénonçons ce qui se pratique partout, car nous en faisons un argument pour décréditer le consommateur pour en tirer son profit. Pourtant l'analyse est simple : Si des géants existent, c'est que nous les avons créés.

Nous sommes le docteur Frankestein qui a mis au monde sa créature, et nous en déplorons sa présence.

Les libraires, les grosses entreprises du livre, se voient confrontés à ce qu'ils ont créés, car si nous poursuivons l'analyse, c'est bien le refus de certain-es d'aller en lieux de culture, par peur de n'être acceptés tels qu'ils sont, préférant se réfugier dans l'anonymat du e.commerce.

Ce E Commerce qu'eux mêmes, les librairies et autres sont en train de mettre en place, car savent que c'est par là que vont les gens et Geluck, qui pousse son coup de gueule, je ne l'ai jamais entendu défendre ceusses par qui le livre se crée en nos régions, par ces artisans du livre, qui eusses, restent devant les vitrines où trône son livre.

Lui qui travaille pour une entreprise monopolisant les librairies, et grandes surfaces du livre.

Ce brave gars du chat, omet de comprendre que ces géants du commerce, sont des espaces de liberté pour le lecteur qui peut choisir l'un des livres que nous publions.

Croyez que je ne suis ni pour l'un, ni pour l'autre, mais je souhaiterais l'équité d'un discours, qui n'est jamais juste, mais transcendant d'une volonté à vouloir reprendre en main,un marché perdu.

Merci.   



"Le livre,la plus belle conquête du lecteur. "
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