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Gen d'Hiroshima : le manga jugé trop explosif pour la jeunesse japonaise

Julien Helmlinger - 22.08.2013

Edition - International - Seconde Guerre mondiale - Censure - Barefoot Gen


Onde de protestations dans l'Archipel, après la décision prise par la Comission de l'éducation de la ville de Matsue, visant à restreindre l'accès au manga Barefoot Gen, de Keiji Nakazawa, Gen d'Hiroshima en français. Tandis que dans les bibliothèques locales l'emprunt d'une oeuvre résolument pacifiste se trouve restreint pour les enfants, au motif que celle-ci évoquerait de manière « trop graphique » les bombardements d'Hiroshima et Nagasaki. 44 des 49 directeurs d'école de la municipalité interrogés seraient en faveur de la levée de la censure.

 

 

 

 

Une première plainte avait visé le contenu du manga au cours de l'été 2012, plainte demandant le retrait du titre des bibliothèques scolaires de Matsue et qui avait été rejetée par le conseil municipal au cours du mois de décembre. Mais dans la foulée, le secrétariat du conseil d'administration a demandé aux directeurs d'écoles de ne plus permettre aux élèves de lire la bande dessinée librement et sans la surveillance d'un enseignant.

 

Du côté des partisans du manga, on réclame un accès illimité au manga, en citant sa valeur éducative dans le cadre de l'enseignement de l'histoire de la guerre. Tout en soutenant que le pendant animé du livre a déjà eu l'occasion de faire son nombre de vues sur YouTube.

 

Suite à la levée de boucliers, alors que de nombreux experts estiment que la censure risquait davantage de couvrir les crimes de guerre que de protéger réellement les enfants, le chef de la Commission, Tomio Naito, a déclaré : « Il y a un besoin de clarifier la position de la Commission parce que la question a suscité un débat dans la société. »

 

Pour le ministre japonais de l'Education, la culture, les sports, science et technologie, Hakubun Shimomura, il n'y aurait aucun mal aux restrictions d'accès. Estimant que l'on était en droit de se questionner quant à la capacité du jeune public à comprendre correctement les représentations graphiques incluses dans l'oeuvre du regretté Keiji Nakazawa.

 

Après un premier débat public infructueux ce mercredi, la Commission se réunira à nouveau lundi prochain pour prendre sa décision sur ce sujet épineux.