Génération enragée : chapitre final, Se rebeller

Clément Solym - 03.02.2012

Edition - Les maisons - Matrix - generation enragée - découvrir


La rébellion, concept maintenant honteusement mercantile. Les marques ont récupéré le filon il y a quelques années : elles ciblent maintenant les lolitas de 13 ans. La rébellion n'est plus un état d'esprit, c'est une simple image que l'on veut se donner.

 

Les majors foutent des groupes de rock sur le marché pour mieux vendre aux insurgés. Des marques de fringues ont bâti un empire dans le même temps. Aujourd'hui, la rébellion se vend. Peu importe que l'on mente aux épris de liberté.

 

Texte de Jiminy Panoz,

publié par Studio Walrus


Et le pire, c'est qu'une majorité avale ces discours marketing de merde sans se poser de questions. L'esprit de rébellion est temporairement perdu, c'est une attitude sur laquelle les publicitaires s'appuient. L'ado ne fait plus que consommer de la rébellion comme il consommerait du coca ou un burger. L'ultra-capitalisme a définitivement tout conquis, même son plus grand ennemi.

 

Pourtant, quelques bribes s'organisent ici et là. Derrière leurs claviers, des anonymes du monde entier mènent de grandes batailles. Ils punissent les grandes sociétés, musellent les états non-démocratiques, organisent des opérations vérité qui tendent à démontrer que les gros conglomérats se foutent de nous. Mais au lieu de réfléchir, au lieu de penser, les dirigeants politiques veulent les punir.

 

Même si leur méthode n'est pas des plus morales, ils agissent au moins avec des idéaux. Anonymous qui fait tomber Paypal, c'est le seul moyen d'expression que ces jeunes ont trouvé pour se faire entendre. Et au lieu de les écouter, au lieu de se remettre en question, les états les considèrent comme des criminels qu'il faut pourchasser. Premier signe que la relation Gouvernement – Jeunesse prendra demain les traits d'un combat. Nous ne pensons plus la politique comme un clivage gauche-droite, mais comme un schisme Politique-Peuple.

 

Quand en plus les grèves et manifestations, cris de désespoir lancés par la population, ne sont plus entendus et ne servent plus à rien… Je me mets à rêver de pouvoir dire "Messieurs les ministres et députés, je vous emmerde" à l'Assemblée. Encore faudrait-il qu'ils soient plus de vingt, les bancs de l'Assemblée étant souvent peu garnis.

 

  Il ne nous reste que la rébellion ou alors, nous aurons plus de valeur morts que vivants. Il faut agir au lieu de nous lamenter. Il nous faut nous imposer pour faire changer les mentalités. Il nous faut, comme d'autres, utiliser les réseaux sociaux pour manifester et nous battre, et pas pour tuer le temps. La situation est catastrophique. Demain, nous pourrions nous retrouver comme les grecs. Demain, nous pourrions nous retrouver dans la rue comme les jeunes Espagnols et Portugais.

 

  Que devra-t-on faire dans 5 ans ? Tuer nos pères pour avoir un avenir ?

 

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Ou s'enrager un peu plus....