Génération enragée : temps deux, S'orienter

Clément Solym - 31.01.2012

Edition - Les maisons - protestation - éducation nationale - génération enragée


Je crois que nous avons un problème grave avec l'orientation. Nous imaginons les collégiens et lycéens responsables et autonomes, mais combien vont réellement chercher à se documenter ? Combien vont aller prendre le temps de regarder quels sont les secteurs porteurs, les débouchés de chaque formation, les places disponibles, les taux de réussite ? Ne pouvons-nous pas les guider un peu lors de leur choix d'orientation, avec des comptes-rendus et des dossiers divers ? Pourquoi les numerus clausus sont-ils appliqués à une minorité de formations, quand on sait que d'autres sont de véritables voies de garage ?

 

 

Texte de Jiminy Panoz,

publié par Studio Walrus

 

 

Adultes, nous sommes parfois surpris d'apprendre qu'un type d'emploi existe ! Comment les jeunes pourraient-ils connaître ces métiers ?

 

Nous disposons de statistiques, nous sommes capables de donner des prévisions, nous connaissons les secteurs en manque de gens qualifiés. Au lieu de rendre ces données facilement disponibles, nous allons les cacher dans des bâtiments que les jeunes ne vont jamais visiter parce qu'ils ont d'autres préoccupations…

 

Je n'ai même jamais vu le moindre conseiller d'orientation de toute ma scolarité. Qui plus est, celui-ci n'était disponible que quatre heures par semaine pour un établissement de 2000 lycéens. Oui, je regrette maintenant de ne pas m'être intéressé à ces choses-là. Mais, des élèves que j'ai côtoyés, un ou deux seulement l'ont fait ! J'assume mon sort, parce que j'en suis responsable en partie. Si je disais le contraire, on me traiterait d'aveugle. Malgré tout, je ressens une profonde amertume quand on me demande d'évoquer notre Éducation nationale. Je me suis planté, mais je n'ai certainement pas envie de le payer pour le restant de ma vie.

 

Au final, je me suis retrouvé avec un boulot simpliste pendant trois ans et demi. Je me suis régulièrement énervé, à me demander ce que j'avais fait de mal pour en arriver là. J'aime les défis intellectuellement stimulants et me suis retrouvé avec un travail simple et abrutissant. Je ne suis pas le seul dans ce cas. Nous sommes des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers aujourd'hui.

 

Malheureusement, quand des réformettes sont envisagées sur le sujet de l'orientation, elles sont mal pensées et mal accueillies. Encore une fois, tout est problème de dialogue. Les citoyens ont accumulé tellement de méfiance à l'égard de la classe politique qu'elle ne veut plus se voir imposer quelque chose. Le dialogue, le débat et l'échange doivent être au centre de ces réformes… ou nous courrons droit à la catastrophe. Les élus doivent accepter qu'ils n'ont pas été élus pour imposer leurs idées, mais pour prendre en compte celles des citoyens. S'ils campent sur leur conception archaïque et idiote, nous n'arriverons à rien.

 

Mais si les étudiants et parents d'élèves continuent de les considérer bêtement comme une classe nantie et corrompue, nous n'arriverons à rien non plus. Il est tellement facile de s'opposer pour affirmer son ras-le-bol des élites, et de les appeler à quitter leur tour d'ivoire. Le politique doit avoir conscience qu'il doit réinventer son rôle, mais les citoyens doivent accepter de donner un peu de leur confiance à ceux qui accepteront de le faire. 

 

Pour réformer l'Éducation nationale, il faut révolutionner la société. Pour révolutionner la société, il faut réinventer le Politique. Ce dernier doit accepter qu'il ne soit plus un élu tout puissant qui dispose d'une confiance absolue, mais qu'il est un outil d'une démocratie qui se voudrait participative. À l'heure où il est si facile d'échanger et de donner son opinion sur internet, il faut faire tomber la barrière entre le citoyen et le politique.

 

Tous les systèmes et civilisations qui ne se sont jamais remis en question se sont écroulés. Les questions politiques, trop souvent délaissées aujourd'hui par ma génération, doivent être réinvesties par les jeunes. Si on prouve qu'une voix est importante, alors peut-être parviendra-t-on à redonner envie aux jeunes de prendre en main leur futur. J'ai trop souvent rencontré des jeunes totalement apolitiques, prêts à tout pour porter des œillères qui leur cacheraient le monde. Mais ce n'est pas parce qu'on se bouche les yeux que le monde disparaît : au contraire, il empire si on le laisse dériver. Arrêtons de vivre les uns contre les autres. Vivons, et pensons, ensemble.

 

 

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Ou s'enrager un peu plus....

 

 




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