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Génération enragée : verset quatre, Entreprendre

Clément Solym - 02.02.2012

Edition - Les maisons - Generation enragée - entreprendre - marcher


Entreprendre ? Quand les jeunes viennent avec leurs idées, on leur rit au nez. D'autres cultures n'hésitent pas à financer des projets et à en faire des empires. Quant aux modalités de création d'entreprise, tout le monde pourra reconnaître que le système nous handicape par sa complexité, là où d'autres font tout pour encourager les initiatives avec des règles simples et des écosystèmes performants ("campus" de start-ups qui fournissent gîte et financement, modalités de création simplifiées, rassemblements d'investisseurs ouverts à tous et réguliers, etc).

 

Quand les entrepreneurs se plantent, d'autres les aident à se remettre en selle. Les nôtres finissent étiquetés pendant des années.

 

Texte de Jiminy Panoz,

publié par Studio Walrus


Il est intéressant de noter que dans la culture anglo-saxonne, on accorde une seconde chance aux entrepreneurs et pas aux politiciens. Dans notre culture, un politicard qui se vautre revient quelques années plus tard. Pourtant, le message est clair, nous ne voulons pas de lui. Mais il faut croire qu'il n'a aucun respect pour la vox populi, puisqu'il s'accroche là où il devrait se "casser", tête basse et ne plus jamais revenir ! Il semblerait bien que seul Jospin ait eu du respect, tirant les conclusions et assumant. D'autres n'ont-ils donc aucune fierté et le moindre sens des responsabilités ? De gauche comme de droite, certains devraient prendre exemple sur lui…

 

Pourquoi les jeunes sont-ils mis de côté quand vient l'heure de préparer leur avenir, au niveau politique ? Je ne veux pas entendre parler de ces "syndicats étudiants" instrumentalisés par les partis politiques… J'adorerais pouvoir être utile à mon pays, changer les choses. Mais personne ne nous laisse l'opportunité de leur expliquer notre quotidien. Les vieux de la vieille prennent des décisions à notre place, sur notre avenir. Pas franchement une logique implacable, plutôt un déni de nos responsabilités et de nos libertés à peine voilé…

 

Partant du principe que le mode de fonctionnement de l'entreprise n'est pas adapté à notre génération, la solution toute trouvée est que des jeunes créent des emplois pour des jeunes puisqu'ils se comprennent et ont les mêmes points de vue et intérêts. Or, l'environnement français est totalement inadapté.

 

Entre les investisseurs qui refusent de nous faire confiance si l'on n'a pas de parrain qui peut toucher quelques mots aux business angels et les modalités administratives particulièrement lourdes qui ralentissent (ou stoppent) les initiatives, nous nous retrouvons dans une impasse. Au lieu de ça, les classes dirigeantes préfèrent inventer l'auto-entreprenariat, statut particulièrement désavantageux et limité.

 

Seuls les jeunes savent ce que les futurs "gros consommateurs" voudront demain. Pour cause, ils font partie de la même génération. Seuls les jeunes seront capables de créer les grandes sociétés de demain. En leur barrant la route, en ne les aidant pas, en ne les supportant pas, nous nous ferons bouffer par les autres civilisations qui ne nous attendent pas.

 

Nous devons nous donner les moyens de notre indépendance, les moyens de réinventer le monde. Je ne dis pas qu'il faut que les États nous financent, mais simplement que l'on fasse changer les mentalités. Les investissements ne pourront rien si les mentalités restent en l'état. Ce n'est pas une révolution de l'investissement qu'il faut entreprendre, mais une révolution des idéologies. Non, nous ne sommes pas des bons à rien. Nous avons envie de créer, nous avons l'envie naïve de changer le monde.

 

Nous échouerons, mais nous nous relèverons comme d'autres l'ont fait avant nous. Pour réussir, l'humain doit se planter, car il apprend de ses erreurs. Le droit à l'erreur, voilà la première chose par laquelle nous pourrions commencer. Nous sommes en plein dans une société où un individu qui s'est raté portera sa croix tout au long de sa vie. Ceux qui échouent se donnent les moyens de réussir, ceux qui ne font rien ne peuvent pas échouer. Même les plus grands se sont trompés, mais ils préfèrent l'oublier quand on ose aborder le sujet.

 

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Ou s'enrager un peu plus....