Generic Top-Level Domains : l'édition américaine interpelle l'ICANN

Nicolas Gary - 08.03.2013

Edition - International - extension - nom de domaine - internet


Depuis quelque temps, s'est ouverte une consultation lancée par l'ICANN, organisme chargé des extensions de nom de domaine sur la toile. Dans un effort pour rentabiliser son activité, l'ICANN a en effet décidé d'ouvrir la vente de noms génériques, pour la création d'extensions. Ainsi, pourraient fleurir le .HOTEL, le .VOITURE ou même, le .BOOK. 

 

 

 

 

Le véritable problème avec le choix de l'ICANN, c'est que la vente se fait de manière exclusive : un nom générique deviendrait alors une marque, possédée par la société qui l'aura acheté. Le coût pour obtenir l'un de ces noms sont d'ailleurs difficile d'accès pour des sociétés lambda : on table en effet sur un coût de 185.000 $ pour l'achat de l'extension, et 25.000 $ de frais de fonctionnement à l'année. Pas vraiment le petit cadeau que l'on se fait en passant. 

 

Or, depuis juin 2012, Amazon compte parmi les sociétés qui convoitent ces nombreuses extensions, et plus particulièrement, le .BOOK. Et en plus de ce .book, la société concourt pour le .news, avec six autres sociétés, facilement identifiables. 

 

C'est dans ce contexte que L'Association of American Publishers vient de déposer une série d'objections, s'opposant fermement à ce que le generic Top-Level Domains puisse autoriser des firmes à devenir détentrices d'un bête nom commun devenu marque déposée. Dans ses observations, fournies à l'Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, l'AAP note plusieurs éléments clairement problématiques. 

 

L'octroi à une seule entreprise privée, et l'usage exclusif d'une extension de nom de domaine iraient à l'encontre des objectifs exprimés et de l'intérêt du public, tel que les conditions d'ouverture les posent. Et l'AAP de réclamer que les processus soient réexaminés. 

 

« Dès le départ, l'arrivée de nouveaux gTLD a été présentée comme un moyen d'accroître la concurrence, de donner un plus grand choix au consommateur, de soutenir la liberté sur internet, et de développer la diversité du marché et diversifier les fournisseurs de services », note l'AAP. Et l'on comprend bien que remettre à une société unique la propriété d'un nom générique, serait évidemment un leurre dans ces objectifs. 

 

Si Amazon venait à obtenir l'extension .BOOK, cela lui fournirait un avantage concurrentiel sur l'ensemble des revendeurs de livres présents sur la toile, tout en se protégeant définitivement de toute forme de concurrence. Surtout qu'aucun acteur ne pourra recourir à cette extension, sans passer par des accords commerciaux avec la firme. 

 

« La grande communauté du livre — auteurs, éditeurs, vendeurs, bibliothèques, lecteurs, enseignants, chercheurs, agents littéraires, collectionneurs, imprimeurs, clubs de lecture, archives, et bien d'autres - ne devrait pas être privés d'une connexion à travers le monde entier, avec le nom de domaine .BOOK. Ce fut la mission à l'origine de l'initiative de l'ICANN et cela devrait être son objectif. »

 

En France, plusieurs acteurs ont également fait des dépôts sur des professions réglementées. Nous attendons de plus amples informations sur la question.