Gérard Collard, un libraire prochainement à l'Académie française

Clément Solym - 04.04.2012

Edition - Librairies - candidature - libraire - Gérard Collard


Gérard Collard était l'invité de Pascale Clark, libraire à la Griffe noire, à Saint Maur (Val de Marne). « C'est une catastrophe », entame-t-il illico, évoquant le réétiquettage que vivent actuellement les libraires. Eh oui : la TVA a augmenté pour le livre, passant de 5,5 % à 7 %, et désormais, entre deux conseils, il faut mettre de nouvelles étiquettes, pour être à jour...

 

Un boulot monstre qui « pénalise les gens qui ont un fond. C'est-à-dire que si vous n'avez pas de fond, ça ne vous pose pas de problème, mais si vous avez un fond, comme les meilleurs libraires, enfin, ceux qui font vraiment leur boulot, ben c'est une catastrophe ». 

 

Et pour cause... la pédagogie devient donc un exercice quotidien, où il faut expliquer aux clients pourquoi le prix affiché sur les livres n'est pas le même, certes de quelques centimes, que celui affiché sur la quatrième de couverture. Et comme la tradition est de considérer en France que le livre est cher, cette hausse, même symbolique, aura un impact évident sur les librairies. « Ça redonne un coup de phare là-dessus.... Et c'est mettre un peu plus en danger le marché du livre. » 

 

 

 

Car le danger n'est pas que pour les petits libraires : la trésorerie des libraires va prendre une claque, « c'est un danger pour tout le monde ». Alors, le combat à mener, celui d'une TVA à 0 % pourrait valoir le coup. Jean-Luc Mélenchon et Antoine Gallimard Gallimard se rejoignent sur ce point, alors...

 

Heureusement, notre libraire n'en profite pas pour accuser la présence du livre numérique de tous les maux. Condamner ce nouveau support serait comme de vouloir empêcher l'arrivée de l'aviation, explique-t-il, se revendiquant loin des « anti-modernes ». 

 

Alors, il reste aux libraires de montrer qu' « on est meilleur, qu'un livre c'est plus sympa dans une librairie »... et l'écueil consistant à revendiquer l'odeur du livre n'était pas bien loin. Oui : un livre, ça sent, et de ces senteurs se dégage une sorte de réminiscence proustienne, à vous donner des envies de thé au citron.

 

Mais l'information première de cette matinale n'est pas là. Gérard Collard est en effet candidat à l'Académie française. Une idée qui découle d'un gag inspiré par la candidature de PPDA... « Ca m'énervait, comme tous ces gars qui disent faire quelque chose pour la culture », lance-t-il, mais dans un second temps, la visibilité apportée par la Coupole, pourquoi pas ? « À l'Académie française, ils ont du talent ou pas de talent [...], mais sans nous, ils n'existent pas. » Ça fait quatre siècles que l'Académie n'a pas connu de libraire - et pour cause, depuis sa fondation, jamais un fauteuil ne leur a été accordé. 

 

« J'ai besoin de tous les journalistes, de tous les gens. Je n'ai pas de réseau moi. » Bon, il est certain que tenter de conquérir l'Académie depuis Twitter risque d'être moins efficace. « C'est très, très, très sérieux. Et ça va me permettre de reparler du livre. Je suis là, alors j'ai réussi mon coup. J'ai besoin de tout le monde, parce que je ne connais personne. » (voir sur France Inter)