Flammarion, fin d'une époque, le DG appelé Haéri-gner

Cécile Mazin - 03.06.2015

Edition - Les maisons - Gilles Haéri - Teresa Cremisi - groupe Flammarion


La semaine passée, l’ex-présidente du groupe Flammarion avait organisé un pot de départ. Après dix années à la tête de la maison, qui célèbre ses 140 printemps, elle formulait alors son « dernier discours en tant que PDG ». Elle restera proche de certains auteurs, a-t-elle assuré, poursuivant son travail d’éditrice. Mais une page se tourne. 

 

Antoine Gallimard - Prix du Roman Fnac 2014

Antoine Gallimard - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

« Une maison d’édition est un être vivant, avec son caractère, ses faiblesses, ses règles de vie, ses moments de dépression, ses moments de gloire, sa jeunesse, sa maturité, sa vieillesse et, à la différence des êtres en chair et en os, ça peut vivre très très longtemps », avait-elle déclaré, citée par l’AFP.

 

Avec le poste de PDG de Flammarion, Teresa Cremisi abandonne également son poste de directrice éditoriale de Madrigall, qu’elle occupait depuis le rachat de Flammarion par Antoine Gallimard – en septembre 2012. Elle aura également à assurer la présence autour de son premier roman, La Triomphante, qui a été publié aux éditions des Équateurs. 

 

Le grand coup de l’éditrice aura été de mettre la main sur Michel Houellebecq, qui, après des années de succès, aura connu la gloire du prix Goncourt, en 2010. Le quatrième de la carrière de l’éditrice à la tête de Flammarion. 

 

Selon l’AFP, c’est donc à Gilles Haeri qu’a été confié la reprise du groupe, et le poste de PDG. À 43 ans, celui qui était l’adjoint de Teresa Cremisi prendra donc la suite, après avoir intégré en 2001 le poste de directeur général. L’annonce officielle doit intervenir après que, ce mercredi, le comité d’entreprise aura validé ce choix.


Pour approfondir

Editeur : Editions Gallimard
Genre : lettres et...
Total pages :
Traducteur :
ISBN : 9782070122554

Une histoire de ’La NRF’

de Cerisier Alban

La Nouvelle Revue française a cent ans. C'est une longévité rare pour une revue de littérature et de critique. Aussi singuliers sont la notoriété et le rayonnement qui furent les siens dès les premiers temps de sa publication et durant tout le siècle. Quels étaient donc le projet et la situation d'André Gide et de ses amis cofondateurs pour que cette aventure se prolongeât si durablement? S'agissait-il de faire école, d'élever une bannière? Assurément non. Seulement, ici, la littérature a tous les droits. Rien ne lui est opposable. Ni la religion ni la politique, ni les mœurs ni la morale, ni la tradition ni la mode. Peu importe que l'on considère la parole de l'écrivain comme un don ou un effort, une aptitude ou une discipline. Seuls comptent l'intensité d'écriture et son pouvoir de révélation, cette singularité dans l'ordre de la connaissance et du discours qu'on lui accorde, au-delà de toute doctrine et 'préoccupation' qui la limiteraient. 'Sans prévention d'école ni de parti', telle fut La NRF: comme le disait Jacques Rivière, l'un de ses grands directeurs, 'un lieu d'asile, imprenable, ménagé pour le seul talent, le seul génie, s'il veut bien se montrer'. Et il s'est bien montré, avec Gide et Claudel, Proust et Martin du Gard, Larbaud et Supervielle, Saint-John Perse et Michaux, Malraux et Sartre, Alain et Blanchot... et par la voix de tant d'autres, tous gravitant autour d'un même soleil. Cette chronique de La NRF, riche en amicales et laborieuses complicités mais aussi en querelles, questionnements et détours inattendus, montre à quel point cette singulière histoire éditoriale s'est entremêlée à un grand siècle de littérature.

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