Gomorra : le clan mafieux Casalesi voulait dézinguer Roberto Saviano

Clément Solym - 14.10.2008

Edition - Société - Gomorra - Casalesi - mort


Ce n'était pas assez que de le priver de logement à Naples, simplement parce que les voisins avaient peur de retombées mafieuses, il fallait encore vouloir le descendre. Des voisins qui avaient en tout cas vu juste puisque la famille Casalesi avait décidé que Roberto Saviano ne passerait pas les fêtes de Noël en famille. Plutôt 6 pieds sous terre...

Les clans de la Camorra de Naples ont déjà contraint l'auteur à vivre sous escorte depuis 2006 mais le livre avait « foutu le bazar », déclarait aux forces de l'ordre un repenti du clan. Après 1,2 million de ventes, une traduction en 42 langues et une adaptation en film, primée à Cannes et destinée à représenter l'Italie pour les Oscars, on comprend que le clan ait eu la méchante envie d'en finir avec l'auteur et sa garde rapprochée.

Une fois de plus, Roberto se retrouve confronté aux dangers de ce qu'il a dénoncé, mais surtout, il incarne plus que jamais la lutte contre le crime organisé, pour une nouvelle génération d'Italiens. « Pas mal de jours sont terribles » à supporter, explique l'auteur qui passe ses journées à s'entraîner à boxer. « Ce sont les lecteurs qui ont effrayé les chefs de clans, pas moi », ajoute-t-il, auprès de l'agence Reuters.

Les sept policiers chargés de sa protection étaient donc compris dans le package de liquidation, une mission prévue pour le mois de décembre. « Que dois-je faire ? Continuer tout comme avant. Je n'ai pas d'autre moyen que celui de résister, résister, résister », ajoute Roberto. Et non sans ironie, l'auteur avoue avoir tiré profit de ces années de clandestinité : « Une chose que j'ai après ces deux dernières années, à faire seul : cuisiner et préparer des recettes ; je suis devenu un chef ! »