Google, Amazon et Apple, ou les ressources orales accaparées

Clément Solym - 18.08.2011

Edition - Justice - propriete - intellectuelle - inde


Toujours à la recherche de nouvelles ressources monétisables, les plus gros détenteurs de propriété intellectuelle occidentaux pourraient être tentés de privatiser les ressources communes des pays de tradition orale.


Raghunath Anant Mashelkar, alors directeur général du Conseil de la Recherche Scientifique et Industrielle en Inde, avait prévenu du danger, voilà 10 ans déjà : « Un des problèmes du monde en développement est que la globalisation risque de mener à l’appropriation des savoirs collectifs des sociétés par des entreprises commerciales ».
 

 

Une fois publiés sur Internet, les savoirs collectifs deviennent des écrits, vidéos, sons, images, susceptibles d’être appropriés par des particuliers ou des entreprises, et soumis aux accords sur le respect du droit d’auteur ou du copyright.


En Europe, la Bible est depuis longtemps dans le domaine public. Mais dans le cas de traditions orales, il existe rarement des preuves d’antériorités écrites. Les organismes internationaux comme le WIPO ou l’UNESCO cherchent ainsi des méthodes (voir le ix) qui permettraient de protéger les communautés locales.

Le but est d’empêcher que les locaux soit dépossédés de leurs recettes de cuisine, dances et formes de vêtements, de même que personne n’a le droit d’acheter la Statue de la Liberté pour la détruire.

 
Les firmes les plus dangereuses pour l’instant sont les distributeurs comme Apple et Amazon. Ces entreprises sont financièrement puissantes, et ont tout intérêt à maîtriser l’ensemble de la chaîne de production des contenus.

 
Cependant elles ne sont pas seules à mettre en ligne les coutumes des uns et des autres. Wikipédia est en train d’assouplir sa politique de citation, afin de permettre aux contributeurs de s’appuyer sur le savoir commun pour publier sous une licence permissive.

Les 40 millions de joueurs de Dabba kali, un jeu d’enfant dans l’État indien du Kerala, pourront utiliser leurs souvenirs pour accréditer la formulation écrite des règles dans l’encyclopédie.

(Via Publishingperspectives)