Google books apprend son boulot à Frédéric Mitterrand

Clément Solym - 10.12.2009

Edition - Société - Google - books - apprendre


En goguette dans la capitale, Marissa Mayer passerait aisément pour une charmante touriste américaine venue visiter notre histoire. En fait, se cache derrière son enjôleur sourire la numéro 3 de Google, venue bien plutôt pour expliquer ce qui allait changer dans le moteur. Et comme elle avait eu vent des commentaires du président Sarkozy au sujet de Google Books, elle a tenu à réagir. « Il n'est pas question de nous laisser déposséder de notre patrimoine au bénéfice d'un grand opérateur aussi sympathique soit-il, aussi important soit-il, aussi américain soit-il », avait en effet lancé Nicolas.


Interrogée par TF1, Marissa, vice-président de Google estime, après avoir des années durant travaillé sur Google Books que le « service est très mal compris ». Probablement, on en parlera à La Martinière... « Contrairement aux pages Web qui apparaissent presque instantanément, les livres mettent des années à être indexés mais ils représentent une richesse importante qui manque aujourd'hui à Internet. » Aussi n'est-ce que par humanisme que Google prend part à la numérisation des fichiers, pour accélérer « la conservation du patrimoine ».

Et pourquoi ? Tout bonnement parce que « les livres meurent », déplore Marissa. « Chaque jour, la dernière version d'un livre peut disparaître dans un incendie, une inondation ou finir simplement à la poubelle. Google Books est donc un énorme avantage pour la conservation de la culture. » Et de répéter que chez Google, la seule chose que l'on souhaite, c'est donner accès aux gens à la culture. « En travaillant avec les bibliothèques, nous nous sommes rendu compte que certains ouvrages sont déjà trop dégradés pour être digitalisés. »

Évoquant même l'attitude du ministre de la Culture, elle s'étonne de ce qu'il reproche à Google. « Après tout, conserver le patrimoine, cela fait partie de son boulot ! » Mais là où l'on ne pourra pas prendre Google Books à défaut, c'est lorsqu'il répond qu'à l'heure actuelle, c'est la société qui a le plus avancé sur le sujet de la numérisation. Pas forcément en qualité, mais en quantité en tout cas, indéniablement. Et l'avance prise risque de rendre la concurrence quelque peu ardue, autant que le verdict sur le règlement Google pourrait rendre les choses plus complexes encore...