Google +, Google eBooks, etc : un réseau de mémoire externe

Clément Solym - 16.07.2011

Edition - Société - google - reseau - mémoire


Le dernier outil en date, Google +, a connu un succès difficile à contester, avec plus de 10 millions d'inscriptions, sur invitation, transmise de bouche à oreille. Voilà qui en fait un début de réseau social qui a encore à convaincre.

Mais lorsque la firme californienne ne cherche pas à accaparer notre attention, c'est avec un certain brio qu'elle se substituerait à notre mémoire, selon ce que des psychologues américains viennent de déterminer.

Oublie, c'est sur Google

En effet, trois chercheurs ont décidé de montrer que le moteur de recherche aurait une certaine responsabilité sur l'effort réduit de mémorisation que nous pratiquerions de moins en moins... C'est que le web nous sert tout de même largement à ne plus avoir autant besoin de nous souvenir : en quelques secondes, quelques mots, un clic et hop, on retrouve tout.

Les chercheurs ont ainsi découvert que les internautes ont tendance à ne pas se rappeler de l'information elle-même, mais plutôt de l'endroit où elle a été stockée.

Google participerait à la création d'une "mémoire transactive", dont la responsable de l'étude, Betsy Sparrow, considère qu'elle remplace non seulement les amis, mais également les livres : avec internet, sans presque lever le petit doigt, toutes les réponses nous parviennent.

Mémoire externalisée

Finalement, le web est devenu une forme de mémoire externe, dont le cloud computing, et des services comme DropBox, et assimilé, sont les prolongements dématérialisés. Pour Sparrow, depuis l'avènement des moteurs de recherche, nous réorganisons la manière dont nous nous souvenons des informations.

« Notre cerveau se repose sur internet, pour ses souvenirs, de la même manière que l'on se reposait sur un ami, un membre de la famille, ou un collègue. Nous nous souvenons moins des informations en elles-mêmes que de l'endroit où elles peuvent être trouvées. »

La théorie de l'équipe prend alors pour exemple cet étudiant, qui ne serait plus en mesure de savoir ce qui s'est précisément passé dans le chapitre 5 d'un livre, mais qu'en reprenant les pages 100 à 150, il pourrait s'en rappeler...

Rappel des faits

Ce qui est amusant, c'est qu'avec le principe des Doodle, ces dessins commémoratifs, Google participe également à la création de repères mentaux et temporels, en choisissant de mettre en avant des événements de niveau mondial, mais avec des principes de sélection encore difficiles à comprendre. (voir le cas César contre Saint Basile)

voir Science (PDF)