Google lance son propre système d'abonnement : One Pass

Clément Solym - 17.02.2011

Edition - Les maisons - google - one - pass


Google a lancé mercredi son service de vente en ligne, One Pass, pour les éditeurs de presse, auxquels il propose une plate-forme d'où ils pourront vendre abonnements et articles à l'unité. Quant à savoir s’il s’agit d’une réponse au lancement du même service par Apple il y a deux jours, Google répond à l’AFP qu'il s'agissait d'un « développement prévu, et pas d'une annonce de circonstance ».

Disponible en France, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, au Canada, en Italie, en Espagne et en Allemagne, One Pass est une plate-forme « destinée aux éditeurs pour qu'ils puissent, depuis leur propre site internet ou depuis leurs applications, vendre de manière très simple un abonnement ou un accès à un article », a expliqué Philippe Colombet, directeur de Google Actualités pour Google France.

« L'outil technologique est fourni gratuitement à l'éditeur et lorsqu'il y a une transaction - un abonnement ou un paiement à l'acte - l'éditeur reçoit la très grande majorité du revenu sur chaque transaction, environ 90% », indique-t-il. Google percevra donc 10% sur chaque transaction. Ce service « est une étape dans la valorisation de l'information payante, c'est une plate-forme technologique pour faciliter ces micro-paiements aussi bien pour l'éditeur que pour l'internaute ».


Cette offre se fait en partenariat avec Le Nouvel Observateur en France, Tomorrow Focus, Gruner & Jahr, Axel Springer en Allemagne, Prisa en Espagne et Rust Communications aux Etats-Unis, a précisé Google.L’avantage de cette plate-forme, selon le groupe américain, est qu’elle peut être intégrée dans un site Internet ou une application mobile.

Une fois qu'un utilisateur a créé son compte One Pass, il peut acheter du contenu auprès des éditeurs ayant adopté le système et y accéder depuis un site Web, un smartphone ou une tablette. Une fois connecté à One Pass, un utilisateur pourra se rendre sur les sites de différents éditeurs et acheter du contenu sans avoir à se reconnecter à chaque fois.

Apple a dévoilé mardi son propre service d'abonnements à diverses formes de médias (presse, musique, vidéos) à travers l’App Store, annonçant qu’il prendra une commission de 30% des recettes d'abonnements via ce système.James McQuivey, du cabinet de conseil en technologies Forrester research, estime que « ponctionner 30% des revenus représente une telle hausse des coûts pour une économie de contenus » que celle-ci pourrait ne pas s'en remettre.

« Je défends résolument le droit d'Apple de fixer les prix de ses produits comme bon lui semble. Mais c'est un raisonnement à courte vue », dit-il en notant qu'ainsi, « Apple a donné aux éditeurs, distributeurs et producteurs une bonne raison de chercher une alternative » à cette offre. Dan Kennedy, professeur de journalisme à l'université Boston's Northeastern, estime également que la proposition d'Apple « paraît si chère qu'il est peu probable que beaucoup de publications l'adoptent ». « Ou alors ils s'en iront dès qu'ils trouveront un système meilleure », a-t-il ajouté. (via ZDNet)