James McBride, entre Little Big Man et Django Unchained

Nicolas Gary - 10.09.2015

Edition - Les maisons - John Brown - Guerre Sécession - Histoire Amérique


C’est une histoire qui s’inscrit dans la violence de l’histoire américaine, au cours de la guerre de Sécession. « Dans sa narration, cela s’apparente au film Little Big Man, et le ton est plutôt celui de Django Unchained », explique Philippe Beyvin, des éditions Gallimeister. Charmant et tentant. Surtout que, chez James McBride, la musique est indissociable de la littérature.

 

 

 

Musicien avant d’être romancier, McBride publie donc son premier roman en français L’oiseau du Bon Dieu – The Good Lord Bird, qui est également le nom de son quintet, The Good Lord Bird Band. Pour la petite histoire, la maison française a fait une offre, acceptée par l’agent, très rapidement après avoir lu l’ouvrage. « Quelques jours plus tard, James obtenait le National Book Awards. » In extremis donc.

 

L’oiseau du Bon Dieu débute avec un historien du dimanche, qui a retranscrit, dans les années 60, une série d’entretien avec un centenaire. Et ce vieux bonhomme, survivant de la Guerre de Sécession, est un ancien esclave noir, libéré par un mythique personnage américain, John Brown.

 

« C’était un zélote convaincu qu’il avait une mission, sur terre : celle de libérer les noirs. Moralité, il est parti dans le Sud avec ses enfants et une bande de pillards, et ils ont fait un peu de terrorisme », poursuit l’éditeur. Sauf que ces escarmouches ne sont pas étrangères à la Guerre qui va ensuite sévir entre Nord et Sud.

 

Voici comme le parcours de cet abolitionniste un peu taré, – qu’Abraham Lincoln qualifiera de fanatique – est raconté à travers les yeux d’un gamin d’une douzaine d’années. « C’est assez drôle, truculent, avec un véritable sens romanesque. De sorte que, même sans connaître l’histoire américaine, le livre est un vrai petit plaisir. McBride joue avec les repères, d’autant plus qu’il est lui-même fils d’une mère juive et d’un père pasteur noir... » 

 

In the studio with photographer Peter Hapak (http://www.peterhapak.com/ ) today shooting with James McBride and The Good...

Posted by James Mcbride on vendredi 8 août 2014

 

L’auteur publie également un second livre, cette fois dans la collection semi-poche de la maison, Miracle à Santa Anna. « C’est un livre qu’il avait commencé à écrire durant ses années d’études, fin 90, alors qu’il était étudiant à Tours. » 

 

Or, si le début du papier ne vous a pas échappé, James McBride est également musicien... « Oui... », débute l’éditeur mi-amusé, mi-embarrassé, « il nous a clairement dit que s’il devait venir faire la promotion en France, il fallait qu’il soit avec son groupe. Comme le livre sort simultanément en France, au Danemark et en Allemagne, et que ses éditeurs ont décliné..., nous avons accepté. »

 

Voici comment, James McBride et le Good Bird Lord Band entament une tournée internationale, avec des musiques mêlant gospel et compositions, à Besançon, le 18 septembre, et le 21, à Paris, à la Maison de la Poésie. Deux dates uniques, mais McBride pourrait aussi créer la surprise à la Grande librairie de Busnel. Il n’y jouera pas du pipeau, mais du saxophone. Enfin... on l’espère.

 

« Dans sa tournée promotionnelle aux États-Unis, il accompagnait ses interventions de concerts, qu’il a multipliés. Il joue et fait des lectures en même temps. » Le spectacle promet. 

 


Pour approfondir

Editeur : Gallmeister
Genre : littÉrature...
Total pages : 448
Traducteur : françois happe
ISBN : 9782351780978

L'oiseau du Bon Dieu

de James McBride

En 1856, Henry Shackleford, douze ans, traîne avec insouciance sa condition de jeune esclave noir. Jusqu'à ce que le légendaire abolitionniste John Brown débarque en ville avec sa bande de renégats. Henry se retrouve alors libéré malgré lui et embarqué à la suite de ce chef illuminé qui le prend pour une fille. Affublé d'une robe et d'un bonnet, le jeune garçon sera brinquebalé des forêts où campent les révoltés aux salons des philanthropes en passant par les bordels de l'Ouest, traversant quelques-unes des heures les plus marquantes du XIXè siècle américain. Dans cette épopée romanesque inventive et désopilante, récompensée par le prestigieux National Book Award en 2013, James McBride revisite avec un humour féroce et une verve truculente l'Histoire de son pays et de l'un de ses héros les plus méconnus.

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