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Gouvernement : Hamon et Filippetti poussés vers la sortie ?

Antoine Oury - 25.08.2014

Edition - Société - Aurélie Filippetti Benoît Hamon - démission gouvernement - Manuel Valls premier ministre


Difficile de s'attendre à la démission du gouvernement « Valls I », présentée par le Premier ministre à François Hollande, et acceptée par ce dernier. Après 147 jours d'exercice, l'équipe gouvernementale sera entièrement revue, de manière à être en cohérence « avec les orientations qu'il [Le président de la République, NdR] a lui-même définies pour notre pays ».

 


Aurélie Filippetti - Voeux 2014 Ministère de la Culture et de la Communication

2014, les derniers voeux d'Aurélie Filippetti ? (ActuaLitté, CC BY 2.0)

 

 

Au terme du téléchargement du dossier, La décision de Manuel Valls semble relever de l'impulsivité, mais les propos tenus par le ministre de l'Économie Arnaud Montebourg ont visiblement eu l'effet d'un séisme. « Il faut donner la priorité à la sortie de crise et faire passer au second plan la réduction dogmatique des déficits, qui nous conduit à l'austérité et au chômage » affirmait le ministre dans un entretien au Monde.

 

Un regard sévère sur la politique menée par François Hollande depuis son élection, même si Montebourg, présent au gouvernement depuis mai 2012, assure qu'il ne « remet pas en cause la solidarité gouvernementale ». Manuel Valls a perçu autrement les propos, et estimé qu'Arnaud Montebourg avait « franchi une ligne jaune ».

 

Pour rappel, le premier gouvernement Ayrault avait été le plus court du mandat Hollande, avec 36 jours d'activité et une démission déposée au lendemain des élections législatives. Le gouvernement Ayrault II aura duré 272 jours, jusqu'à la défaite socialiste des municipales. La démission du gouvernement Valls I survient après 147 jours d'activité, et au moins autant de dissensions, dont celle de Montebourg a été la plus visible. 


Le sort du ministre de l'Éducation, Benoît Hamon, semble d'ores et déjà scellé, puisque certains de ses commentaires ont alimenté la décision de la démission : « La relance de la demande est la condition de la réussite de la politique de l'offre qui a été faite depuis deux ans. On ne peut rien vendre aux Français s'ils n'ont pas des revenus suffisants », expliquait-il, alors invité par Arnaud Montebourg de Fête de la rose de Frangy-en-Bresse, alors devenue un véritablement rassemblement de « frondeurs ».

 

Ce surnom a été attribué à certains parlementaires socialistes, particulièrement critiques vis-à-vis de la politique du gouvernement, focalisée sur la croissance, les réductions budgétaires et la baisse des charges pour les entreprises.

 

Difficile de prédire le sort réservé aux autres ministres, puisque la décision du remaniement semble plus relever du conseil de discipline que de l'examen des résultats. À la Culture, la ministre Aurélie Filippetti n'a jamais critiqué ouvertement les choix du gouvernement en matière de budget. Fin 2013, la baisse de budget de 2 % pour le ministère de la Culture et de la Communication était jugée nécessaire à « l'effort de redressement budgétaire indispensable pour l'ensemble de la nation ».

 

La semaine passée, le Canard Enchaîné prédisait le départ d'Aurélie Filippetti de la Rue de Valois, en pointant sa mauvaise gestion des dossiers intermittents et Musée Picasso. Sa mauvaise entente avec les collaborateurs, ou encore avec sa collègue Fleur Pellerin au Festival de Cannes étaient également dans la balance, même si l'entourage ministériel a été renouvellé pour éviter ce genre de conflits internes.

 

L'Élysée assure que « c'est François Hollande qui a demandé à Manuel Valls de lui remettre la démission de son gouvernement » : l'avis du président pèserait donc dans les choix. À ce titre, une nouvelle conseillère Culture et Communication vient de rejoindre l'Élysée, Audrey Azoulay, ancienne directrice du Centre national du cinéma.

 

La prise de poste fait suite au départ de David Kessler, en juin dernier : le conseiller aurait jeté l'éponge face au peu d'intérêt du président Hollande pour la culture, mais aussi suite à de mauvaises relations avec la ministre Aurélie Filippetti. Audrey Azoulay, sa remplaçante, est précédée du surnom de « Talleyrand en jupons », assure Le Figaro. Ce qui ne prédit rien de bon quant à ses relations avec l'ex-ministre, si elle reste en poste.

 

Et, encore une fois, c'est un tweet qui pourrait s'avérer le plus meurtrier... 

Loin du message que la ministre avait diffusé, lorsque Manuel Valls l'avait maintenue, en avril dernier ?

Le nouveau gouvernement devrait être révélé ce mardi, dans la journée.