Grande-Bretagne : la situation des bibliothèques empire en 2013

Clément Solym - 24.09.2013

Edition - Bibliothèques - coupures budgétaires - fermeture de bibliothèques - établissements


La crise dans les bibliothèques publiques britanniques sera plus sévère encore pour 2013 qu'elle ne le fut en 2012. De nouvelles coupes budgétaires, de nouveaux licenciements, la situation, selon les experts, ne peut qu'empirer, en dépit de l'implication des publics et des particuliers. 

 

 

Library closed?

Arisaski, CC BY 2.0

 

 

Des écrivains se mobilisent, certes, mais la fermeture de 10 des 18 établissements de Newcastle semble inéluctable. Ici, comme ailleurs, le gouvernement a opéré des suppressions de budgets, et contraint les autorités municipales, dans différentes villes, à solliciter leurs habitants pour sauver les meubles. Ainsi, à Sheffield City, le Conseil de la ville fait face à la fermeture de 14 des 27 établissements. Et l'unique recours est de se tourner vers le public...

 

Avec 50 millions £ de budget de moins pour 2014, les autorités de la ville ne peuvent pas tenir le cap. « Nous voulons recevoir autant d'idées et de propositions possibles, pour nous aider à sauver autant de bibliothèques que possible, de sorte que ce service ait un avenir viable », explique le conseiller Mazher Iqbal. L'ampleur des difficultés liées aux contraintes budgétaires est grande, et surtout, douloureuse. 

 

Selon le Chartered Institute of Library and  Information Professoinals, pour l'année 2013, plus de 1100 postes de bibliothécaires seront supprimés, 1720 heures d'ouverture seront supprimées, et 22,5 millions £ de budget seront coupés en moyenne par établissement. Depuis avril 2012, on compte que 317 établissements ont fermé sur les 4265 dans le pays. 

 

Son président, Phil Bradley, est pessimiste : « Je ne pense pas que 2013 sera mieux que 2012 pour être honnête. En fait, ça ne peut être que pire. » La qualité de service, et plus simplement, le nombre d'établissements accessibles pour les usagers sera en nette diminution. « Les bibliothèques sont actuellement gérées par des bénévoles (et je me demande dans quelle mesure ils peuvent être appelés bibliothécaires, car ils sont incapables de fournir l'ensemble des prestations). Elles seront soumises à une pression croissante et les bénévoles ne recevront pas le soutien qui leur avait été promis », poursuit le président.

 

De quoi conduire à une nouvelle vague de fermetures, cette fois, de guerre lasse, avec une situation clairement plus grave encore. « Soyons clairs : une bibliothèque est bien plus qu'un lieu de transit pour les livres. S'en prendre à un établissement, c'est attaquer toute la communauté qui le fréquente, et une bibliothèque qui ferme réduit la capacité des personnes à améliorer leur sort. »

 

 

 

http://www.theguardian.com/books/2013/jan/15/libraries-crisis-worse-sheffield-islington