Grande-Bretagne : les fermetures de bibliothèques jugées illégales

Clément Solym - 09.11.2012

Edition - Bibliothèques - Grande-Bretagne - fermetures bibliothèques - illégales


Un rapport du comité de la Chambre des Communes du Parlement britannique sur les bibliothèques du pays n'emprunte pas des chemins détournés : d'après le document, les 600 et quelques fermetures d'établissements de prêt, décidées par les districts de Grande-Bretagne, seraient illégales. Il demande au gouvernement d'étudier les « effets cumulatifs » des fermetures et autres réductions de budget, d'ici 2014.

 

 Library Closed

bigoteetoe, CC BY-NC-SA 2.0

 

 « Certaines autorités locales,  sous la pression considérable d'impératifs économiques, ont élaboré des plans sans véritablement tenir compte des besoins de chaque service de bibliothèque, et de la variété d'options à disposition pour les obtenir, et risquent donc de manquer à leur obligation légale de fournir un service "adapté et efficace" d'établissements de prêt ». Cette dernière formule se retrouve dans le Public Librairies and Museum Act 1964, et pourrait faire entrer les districts un peu trop économes dans l'illégalité.

 

Mi-septembre, malgré les nombreuses alertes des militants et défenseurs de la lecture publique, le ministre de la Culture Edward Vaizey jugeait que les établissements de prêt britanniques pouvaient parfaitement fonctionner sous l'égide de volontaires : « Je n'ai pas à m'excuser de l'augmentation des bénévoles dans les bibliothèques. Ils font une énorme différence dans la prestation de services des bibliothèques. » (voir notre actualitté)

 

Sur les 326 districts que compte l'Angleterre, 191 au minimum auraient décidés des coupes dans les budgets ou des fermetures de bibliothèques, comme le relève la liste établie par Public Libraries News. Et donc, potentiellement, 191 districts seraient hors-la-loi. La solution de la gestion par des volontaires, activement soutenue par le ministère, serait plus dommageable que bénéfique : les établissements pourraient « dépérir et par conséquent être considérés comme fermés en catimini », explique le rapport.

 

John Whittingdale, membre du Parlement et à la tête de la commission, a par ailleurs évoqué « un moyen coûteux, antidémocratique et généralement peu satisfaisant d'élaboration des politiques », tandis que le shadow cabinet (les chefs de l'opposition, ndlr) se faisait une joie de critiquer la politique de Vaizey. Du côté des militants, les réactions sont plus mesurées : si l'on apprécie le rapport, on déplore le rejet des décisions à 2014 : « C'est trop tard. Des dommages irréversibles ont déjà été faits » explique Library Campaign, qui se démène pour garder un réseau national de bibliothèques suffisamment dense.