Grande-Bretagne : pour 2/3 des consommateurs, la librairie n'est qu'un catalogue

Antoine Oury - 01.07.2013

Edition - Librairies - librairie - showroom - catalogue


La Booksellers Association (BA), organe représentatif des libraires outre-Manche, vient de publier une étude qui ne risque pas de ravir ses adhérents. En effet, 63 % des individus interrogés ont admis pratiquer de façon régulière le « showrooming ». Une activité qui consiste à feuilleter, lire les premières pages et prendre connaissance du prix d'un livre, avant de l'acheter... sur Internet, à un prix moindre ou non.

 

 

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Kelbv, CC BY 2.014:27:17

 

 

Une pratique déjà courante aux États-Unis, puisqu'elle avait provoqué une crise entre les partenaires Walmart (chaîne de supermarchés) et Amazon, le premier accusant le second d'utiliser ses magasins comme showroom, et même d'inciter les consommateurs à le faire. En Grande-Bretagne, le comportement n'avait pas empêché Waterstones d'accueillir le même site de e-commerce, accompagné des Kindle, dans ses rayonnages.

 

Sur les 2.045 Britanniques interrogés par Censuswide pour la Booksellers Association, ils sont donc 63 % à admettre ce mode de consommation. Logiquement, la proportion de jeunes (16-24 ans), mieux équipés appareils et surtout plus au fait de leur fonctionnement, est plus élevée avec 75,9 % d'entre eux qui pratiquent le showrooming. En guise de comparaison, les plus de 55 ans comprennent 51,7 % de showroomers.

 

Viennent ensuite les attentions et inattentions : si les personnes interrogées assurent à 83 % que le livre s'achète mieux en librairie, affirment à 60 % que les pratiques fiscales d'Amazon les font réfléchir à deux fois, et confirment avoir vu le nombre de librairies britanniques baisser, les librairies continuent de fermer à la chaîne.

 

D'un autre côté, le contexte économique n'est pas particulièrement favorable aux achats culturels, et les librairies doivent faire face à d'autres problèmes : « La pratique du showrooming n'est qu'un seul des nombreux problèmes de la librairie, avec les loyers en hausse, les taux de change élevés, l'absence de stationnement en centre-ville et les arrangements fiscaux des multinationales », a expliqué Meryl Halls, chargée des adhérents à la BA.