Grandir dans une bibliothèque, une vie de livres et de magie

Cécile Mazin - 21.12.2016

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Vivre dans une bibliothèque peut s’apparenter à un rêve pour nombre d’enfants, y compris pour des adultes. La famille Clark a vécu cette situation, lorsque la succursale de la New York Public Library leur a ouvert ses portes. C’était à la fin des années 40, et les souvenirs, depuis, se sont enrichis d’un certain merveilleux.

 

 

 

Raymond Clark habitait avec sa famille dans le Maryland, et voici que, pour un poste de gardien de bibliothèque, il a fait déménager femme et enfant. Les voici partis pour le quartier de Washington Heights, situé dans la Big Apple, avec un logement de fonction situé directement dans la bibliothèque. Il fallait maintenir une certaine propreté dans l’établissement, et en même temps, continuer d’alimenter les fours, pour conserver la chaleur. 

 

Lorsque les premières bibliothèques de la ville furent construites, chacun possédait en effet un appartement, au troisième étage, destiné au concierge. Ronald, le fils, était dubitatif, mais rapidement, se souvient-il, les avantages de cette nouvelle demeure lui sont apparus. 

 

« J’ai songé, attends, j’ai un bâtiment pour moi, avec tous les livres du monde. [...] Après quelques années, mes amis me présentaient en disant : “Ce type vit dans la bibliothèque. Littéralement, il vit dans la bibliothèque.”. » 

 

Aujourd’hui, New York ne compte plus qu’un petit nombre d’appartements destinés aux concierges – et beaucoup sont vides et négligés, en attendant d’être réaménagés. 

 

Mais Ronald garde un souvenir ému de cette époque. Tout a véritablement commencé une nuit où, couché, il se débattait avec l’idée de l’évolution darwinienne et la création biblique. Vers 2 heures du matin, il se décide à descendre les escaliers, allumer la lumière et faire de la littérature comparée, mettant côte à côte une encyclopédie et la Bible.

 

Après sa lecture, la réalité s’impose : les deux livres racontent la même histoire, différemment. « Quand j’ai réalisé cela, ça a totalement changé la manière dont je vois le monde. » Et la vie dans la bibliothèque a fini par lui insuffler un désir de connaissance plus grand. Et il fut alors le premier, dans sa famille, à boucler un cycle universitaire.

 

Sa propre fille a vécu cinq années dans l’établissement, et pour elle, vivre dans la bibliothèque était totalement naturel. « C’était notre maison. Ce n’est qu’en grandissant que je me suis rendu compte que tout le monde n’avait pas autant de livres chez soi. Je n’avais pas compris le concept de bibliothèque, moi je vivais simplement dans un endroit avec des tonnes de livres, partout, et je pouvais les lire et m’amuser. » 

 

 

via Atlas obscura