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Grèce : un minibus plein de livres parcourt le pays à la rencontre des réfugiés

Victor De Sepausy - 14.08.2017

Edition - International - minibus refugiés Grece - Macédoine frontières réfugiés - apprentissage livres lecture


Depuis le printemps 2016, l’organisation ECHO basée en Grèce, se concentre sur l’accueil de réfugiés. À l’origine, quatre personnes qui travaillaient bénévolement dans le camp EKO, basé à 20 km au sud de la frontière entre le pays et la Macédoine. Et avec le temps, des projets brillants d’espoir qui ont vu le jour.



Laura Samira Naude et Esther ten Zijthoff, deux bénévoles

 

« Notre objectif est simple : aller là où nous devons, et faire ce que nous pouvons, créer des espaces d’apprentissage et de communauté dans les camps de réfugiés », expliquent les fondateurs. ECHO, c’est l’anagramme clef : Education Community Hope and Opportunity. 

 

Car rapidement, les fondateurs perçoivent la volonté d’apprentissage et de partage de cette communauté regroupée dans le camp. Bien entendu, les besoins essentiels – eau, nourriture, vêtements, abri – sont au cœur des difficultés. Mais ECHO s’est monté sur l’après, dans l’idée que ces choses pourraient être résolues, et qu’il fallait anticiper l’avenir. 

 

À deux reprises, l’organisme a fait appel au financement participatif, pour mener à bien son projet de bibliothèque pour réfugiés. Une première levée de 2 400 $, voilà huit mois, permit de réaliser une bibliothèque. Et une seconde de 2 329 $, cette fois pour que la bibliothèque puisse prendre la route : le bus était né.  

 

Plus qu’un simple bus, l’ECHO Refugee Library est tout à la fois une bibliothèque mobile, et un centre pédagogique pour les demandeurs d’asile, tant les adolescents que les adultes, qui se retrouvent actuellement bloqués en Grèce. « Voilà près d’un an, on comptait près de 60 000 demandeurs d’asile en Grèce, aussi avons-nous décidé de construire cette bibliothèque. » 
 

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Actionnant les leviers des réseaux sociaux autant que possible, ECHO bat la chamade, et attire l’attention. C’est qu’après la fermeture des frontières entre Macédoine et Grèce, en mars 2016, des dizaines de milliers de réfugiés se sont pressés, et leur nombre ne cesse de croître. « Tout le monde n’aura pas la possibilité de quitter la Grèce, et de partir en Europe », déplore-t-on. 



 

Et face à l’incertitude, il faut arriver à meubler et occuper le temps : la bibliothèque originelle, avant même celle du bus, est devenue une opportunité pour offrir la chance d’étudier et d’apprendre. Depuis mai dernier, la bibliothèque mobile est partie à Athènes, ayant marqué de nombreux arrêts dans différents lieux de la capitale. 

 

Aujourd’hui, l’enjeu est de proposer un lieu « [d]'apprentissage et la créativité, un lieu pour cultiver l’esprit – c’est une part de nous qui ne peut pas être mise en captivité. C’est un endroit où les buts et les ambitions peuvent s’accomplir, indépendamment de la sombre réalité du présent ». 
 

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La bibliothèque fournit, outre un espace chaleureux, un véritable endroit pour travailler et apprendre. Venu d’Angleterre, le minibus est devenu en soi un objet porteur d’espoir, et, en dépit de la chaleur de l’été grec, les bénévoles poursuivent leur mission. Une partie de leur fonctionnement financier est assuré par une affiliation avec Amazon, mais ECHO est ouvert à tout nouveau partenariat.

 

Une excellente raison de réfléchir, si l’on ne savait pas quoi faire de ses vacances...


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