Greg Mortenson : Trois tasses de thé, et pas mal de mensonges

Clément Solym - 21.04.2011

Edition - Justice - mortenson - enlevement - humanitaire


Greg Mortenson a-t-il vraiment menti sur toute la ligne ? Le coauteur de Three Cups of Tea, actuellement hospitalisé a promis « une transparence totale » sur la manière dont les finances de l'organisme de charité, le Central Asia Institute, ont été gérées.

C'est que l'on a découvert récemment que pour assurer la promotion de son ouvrage, le bonhomme est susceptible d'avoir détourné des fonds de l'organisation. Et le procureur général du Montana, Steve Bullock, a ouvert une enquête justement sur ces finances, pour vérifier comment les fonds ont pu être utilisés.

D'ores et déjà, les avocats de l'Institute ont assuré de leur pleine et entière collaboration sur le sujet, a promis Anne Beyersdorfer, qui s'est instituée en porte-parole de l'établissement. Mais pour le moment, aucun commentaire sur l'état de santé de Greg Mortenson.

Sorti en 2006, sont livre s'était vendu à plus de 3 millions d'exemplaires, et cette notoriété de l'auteur a rejailli sur l'Institute, avec plus de 50 millions $ de dons reçus depuis. Une somme qui a notamment permis d'ouvrir plus de 170 écoles pour 68.000 enfants, tout en mettant l'accent sur l'éducation des filles, rapporte l'Associated Press.

Mais dans un reportage du magazine 60 Minutes, on pointe que l'auteur aurait plutôt détourné la réalité, et menti, notamment sur son enlèvement, afin de mieux vendre son livre. (notre actualitté)

Diffamation, mensonge & Cie...

Or, ce mensonge va tout de même aboutir à une plainte de Mansur Khan Mahsud, qui serait responsable de ce kidnapping, selon Mortenson. Selon lui, l'histoire de l'écrivain serait fausse « de A à Z ». « Greg Mortenson est venu avec un membre de ma famille, et il a été un invité de mon village. Il est resté durant dix jours. Il vivait dans le village, a fait des visites touristiques, pris des photos. Il avait passé un très bon moment. »

Et si dans sa tribu, certains hommes avaient un fusil, c'était pour protéger Mortenson. « Il n'y a pas un mot de vérité. S'il y avait eu quelques exagérations, cela aurait pu être pardonné. La façon dont il dépeint les Mashuds comme des bandits est fausse. Il nous a diffamés, moi, ma famille, ma tribu. Nous sommes des gens respectés dans ma région. Il nous a changés en ravisseurs. » (via Guardian)

Une histoire qui n'est pas sans rappeler celle du libraire de Kaboul, qui avait accusé l'auteure, Asne Seierstad de mensonges et de calomnies quant à ce qu'elle avait retenu de l'accueil qu'il lui avait fait. (notre actualitté)