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CHRONIQUES ANTI-ISOLEMENT de L’ÂME DES PEUPLES — Grenoble, c’est cette ville de France où rien n’est (jamais...) tout à fait comme dans le reste du pays ! Une ville laboratoire depuis la nuit des temps industriels où, bien avant les Xe Jeux olympiques d’hiver de 1968, on expérimente dans tous les domaines — scientifique, culturel, social et politique... 
 
par Philippe Gonnet

Grenoble
Christophe Roudet, CC BY NC 2.0


Dans la seule grande ville de France à s’être dotée d’un maire écologiste en 2014, Eric Piolle (47 ans aujourd’hui), celui-ci n’aura même pas attendu le premier tour — désormais si controversé... – des élections municipales le 15 mars pour suspendre, dès le jeudi 12, sa campagne électorale.

Le président de la République Emmanuel Macron n’avait pas terminé son adresse aux Français que le maire de Grenoble — d’ordinaire grand pourfendeur de la politique élyséenne, et dont le préfet de l’Isère défère régulièrement les arrêtés devant le tribunal administratif — lui emboîtait immédiatement le pas !

 « Le président prend les décisions qu’il doit prendre, avec les informations que lui donnent les scientifiques et les experts. Je suis totalement derrière lui. D’abord, moi, je suspends mon implication dans la campagne, évidemment, pour pouvoir diriger le plan de sauvegarde communal et les implications pour la municipalité », déclarait-il sans circonvolutions oratoires.

Ce faisant, Eric Piolle, en anticipant les 46,68 % des suffrages exprimés que lui attribuera trois jours plus tard ce drôle de scrutin, revêtait mieux que tout autre le costume du « patron » qui s’occupe des Grenoblois, reléguant l’ancien maire RPR Alain Carignon — condamné en 1996 à de la prison ferme pour corruption... – à moins de 20 % (19,81 %), la députée (La République en marche) Emilie Chalas et l’ancien délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes du Gouvernement Philippe, Olivier Noblecourt, ancien adjoint (PS) de l’ancien maire (PS) de Grenoble, à 13,75 et 13,31 %.

Moins de 0,45 % des voix séparaient ceux qui avaient eu le tort d’effectuer la course dans le même couloir idéologique — pour filer la métaphore sportive...

Depuis que le confinement a été institué, le 17 mars, Eric Piolle apparaît donc chaque semaine sur les réseaux sociaux pour faire le point de la situation, sur fond de carte postale renvoyant une image (presque...) idyllique de la capitale (autoproclamée...) des Alpes (françaises...). 

C’est aussi — surtout ? – l’occasion, apparemment loin de toute campagne électorale paraissant relever soudain d’une autre époque, d’évoquer les initiatives fleurissant ici et là, à l’initiative de la municipalité ou du secteur associatif. Ce faisant, Grenoble redevient l’immense laboratoire protéiforme qu’elle n’a jamais cessé d’être. Et Eric Piolle son... ingénieur en chef !

Du coup, Grenoble fut l’une des toutes premières villes de France à convoquer ce lundi 20 avril un conseil municipal en visioconférence. Et, fort de ce municipalisme grâce auquel il entend réinventer la politique, Eric Piolle appelle désormais ses administrés à « anticiper les changements » — notamment en ce qui concerne les déplacements à vélo pour lutter contre la promiscuité inhérente à tout transport en commun... — dans la perspective d’un déconfinement progressif à partir du 11 mai.

En se permettant de tancer au passage, un rien patelin, les pouvoirs publics en matière d’approvisionnement en masques de protection : « J’appelle l’État à tenir son rôle de garant de l’unité nationale. En période de crise, il est impossible de penser une unité nationale sans stratégie nationale. »
 
S’il se révèle assez classique chez les maires sortants, ce positionnement correspond parfaitement à l’ADN grenoblois.

Et sert providentiellement Eric Piolle ! Les critiques d’Olivier Noblecourt et d’Emilie Chalas, qui viennent tous les deux — à des degrés divers — de la gauche, lui reprochant une posture de « gauche calimero » n’assumant pas ses responsabilités — et qui avaient fait mal... —, se retrouvent du coup reléguées au rayon des souvenirs.

Jusqu’aux prochaines élections municipales où il faudra tout recommencer — que l’on vote pour le second tour ou qu’il faille refaire les deux tours... ?

À Grenoble, Eric Piolle est un Sisyphe heureux !

Sisyphe heureux, n’est-ce d’ailleurs pas le titre de la pièce créée en 2017 par François Veyrunes, l’un des meilleurs chorégraphes grenoblois – et pas que... ?



Philippe Gonnet est au quotidien en prise avec l’âme de Grenoble, cette ville qu’il a longtemps racontée pour Le Dauphiné Libéré, et dont il est aujourd’hui l’un des commentateurs culturels les plus écoutés, en particulier sur les ondes de RCF Isère. Son livre Grenoble, Déplacer des montagnes a été publié aux éditions Nevicata en octobre 2019.


Dossier : Chroniques anti-isolement à travers L’Âme des peuples


Commentaires
"Philippe Gonnet [...] il est aujourd’hui l’un des commentateurs culturels les plus écoutés"...

Si vous le dites (ou plutôt si vous le copiez-collez)... Je n'avais jamais entendu parler de lui. Et j'ai du mal à comprendre le rapport d'un tel papier avec le sujet du site... Il n'y a rien sur la littérature, ni même sur la culture de manière générale (à la limite, une phrase qui semble rajoutée au forceps ou par copinage juste avant la signature).

Par contre, on n'oublie pas de citer le bouquin de l'auteur (qui ne semble pas non plus parler particulièrement littérature et culture) ni d'en mettre la couverture dans le corps de l'article... C'est votre partenaire (l'éditeur) qui doit être content !

(Et, oui, j'ai bien lu votre "Chroniques anti-isolement à travers L’Âme des peuples" qui parle de ce partenariat.)
Oui, quel étrange article sans rapport avec les sujets habituels... gulp
Bonjour

reprécisons ici que ce sont donc des textes rédigés par des auteurs de livres publiés par la petite maison belge Nevicata, comme précisé dans le dossier ci-dessous

https://www.actualitte.com/dossiers/chroniques-anti-isolement-a-travers-l-ame-des-peuples/146



Qu'aucun échange commercial ne sous-tend ces publications (le contraire impliquerait qu'on le souligne) et que les auteurs ont souhaité partager un texte sur le territoire dont ils ont parlé amplement, dans leur ouvrage. Dont ils seraient, en quelque sorte, spécialiste.



Sortir de la zone de confort, tout ça, tout ça...
L'âme des peuples ? Mais on est en train de la détruire à coup de cosmopolitisme forcé !
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