Grève contre la précarité et le sous-effectif à la BnF

Victor De Sepausy - 06.05.2016

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Le samedi 7 mai sera une journée de rassemblement, apprend-on de sources syndicales : un appel à la grève est lancé, pour dénoncer « la précarité et le sous-effectif à la BnF ». Faisant suite à une assemblée générale du 30 avril, les agent.e.s de l’établissement, et plus spécifiquement les non titulaires, incitent à se retrouver à 12 h devant le Hall de l’établissement public. Dans un message diffusé au plus grand nombre, l’intersyndicale CGT, FSU, Sud Culture pointe « les politiques d’austérité dont pâtit [l’] établissement ».

 

Maquette BnF

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Voici le message communiqué, détaillant les motifs de cet appel à la grève : 

 

 

Un peu plus d’un an après la grève du personnel de nettoyage de la BnF, qui protestait contre le sous-effectif, la précarité et leurs conditions de travail, grève qui s’est terminée par une victoire, les agent-e-s de la BnF et surtout les vacataires ont décidé de se mettre en grève samedi 7 mai pour dénoncer les suppressions de postes, les mauvaises conditions de travail et la précarité qu’ils et elles subissent. Le samedi 09 avril de nombreux/ses agent-e-s, avant tout les « vacataires » de la BnF, avaient déjà fait grève et manifesté contre la Loi Travail, rejoignant ainsi le mouvement général de contestation de ce projet de casse sociale.

 

Ces personnels précaires dénoncent l’absence d’évolution de leur situation au sein de l’établissement. Alors que le ministère de la Culture encourage à faire passer les vacataires à 110 h par mois (maximum légal pour ce type de contrat), la BnF traîne des pieds. Des agent-e-s vacataires stagnent depuis des années à moins de 100 h par mois, avec des salaires très bas (650 euros pour 80 h par mois). Pourtant nombre d’entre eux et elles ont une forte ancienneté : parfois jusqu’à 10 ans ! Ce sont eux et elles qui sont présent-es entre autre les soirées et les week-ends pour faire tourner l’établissement.

 

Pourtant, le sous-effectif est criant à la BnF. L’ensemble des personnels, mobilisé avec l’intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture de la BnF depuis près de 2 mois contre les politiques d’austérité touchant la Culture et la Loi Travail, rencontrent de plus en plus de difficultés pour accomplir leurs missions. La direction ne se décide toujours pas à appeler la liste complémentaire du dernier recrutement direct de magasiniers, alors que la BNF a perdu 272 postes depuis 2009. Premier établissement du Ministère de la Culture, c’est aussi le premier à subir les coupes budgétaires.

 

Personnel bouche-trou du soir et du weekend à la BnF, variable d’ajustement de l’emploi dans les services publics, les vacataires en ont assez ! Ils et elles réclament le passage à 110 h pour ceux et celles qui le souhaitent (70 demandes recensées !), l’appel de la liste complémentaire, l’embauche et le passage en CDI de tous/tes les vacataires sur besoin permanent, l’arrêt des suppressions de postes et la hausse des budgets !

 

Ils et elles réclament aussi l’ouverture de droits égaux avec ceux de leurs collègues titulaires, notamment en ce qui concerne le calcul de leur temps de travail. Il est urgent que la BnF et le ministère de la Culture prennent leurs responsabilités pour résorber la précarité qu’ils ont créée, qu’ils mettent en place un plan de titularisation digne de ce nom et donnent à la BnF et son personnel les moyens d’accomplir pleinement leurs missions de service public.

 

 

Les revendications sont ainsi résumées en quelques points :

  • passage à 110h de tous/tes les « vacataires » qui en ont fait la demande
  • appel rapide et intégral de la liste du recrutement direct de magasiniers/ères
  • passage en CDI de tous/tes les « vacataires » sur besoin permanent
  • comptabilisation INTÉGRALE du temps de travail dans GTA
  • plan de titularisation digne de ce nom au Ministère de la Culture

 

« Quelles sont les perspectives d’avenir proposées par la BNF pour ces vacataires recalé-es à l’oral de titularisation à l’heure où les postes au concours sont drastiquement bas ? Combien d’années devront-ils/elles encore attendre pour espérer une hypothétique titularisation ? Combien d’années à travailler pour 700 euros par mois en moyenne, à enchaîner les samedis, dimanches et soirées », interroge l’intersyndicale.