Grève reconduite tout le week-end à la Bpi : la rénovation coince

Nicolas Gary - 15.06.2018

Edition - Bibliothèques - Bpi grève public - bibliothèque public accueil - concertations direction personnels


La mobilisation à la Bpi aura conduit à ce que l’établissement de la rue Beaubourg soit paralysé. Des personnels qui tentent de faire entendre raison à la direction, laquelle ne semble pas tenir compte de leur avis. La grève du 14 juin a été reconduite ce 15 juin, et durant tout le week-end, apprend-on. L’assemblée générale qui s’est réunie a choisi de prolonger le mouvement, qui sera certainement plus manifeste encore.


Photo
charlotte henard, CC BY SA 2.0



Pour autant, la direction « continue d’opposer une fin de non-recevoir à nos revendications et semble préférer la grève à l’ouverture de négociations avec les représentants des personnels ». Une nouvelle AG se tiendra lundi pour définir quelle suite donner aux contestations. 

 

« Certes, on rénove, et c’est un point positif. Mais l’aménagement de l’espace ne s’opère que pour répondre à une future baisse des effectifs », nous assure-t-on. De petits aménagements feront illusion pour le public, mais pas pour les personnels. La création d’un espace cinéma est prévue, mais dans le même temps, « les espaces lecture pour les périodiques papier sont totalement réduits. Or, même le public jeune est en demande de ces collections papier... »  
 

Mouvement social à la BPI, un projet de rénovation inadapté

 

Toute une politique lancée par le précédent directeur Patrick Bazin, « que poursuit la nouvelle direction, malheureusement ». 

 

Le problème est le même pour l’ensemble du bâtiment : dans une question envoyée aux personnels – avec des réponses majoritairement venues des personnes en service public direct – les commentaires sont édifiants. « Il est difficile d’être plus clair : oui, il y a des côtés positifs, mais la réorganisation n’est pas pensée, avec des fonds qui seront éclatés à travers les étages, sans aucun sens. »

 

La direction promet qu’une excellente signalétique viendra pallier cet éparpillement, « mais quel sens cela prendra-t-il pour les publics ? »

 

À cette heure, bien qu’assez peu sereine, « la direction continue d’opposer une fin de non-recevoir à nos revendications et semble préférer la grève à l’ouverture de négociations avec les représentants des personnels », indique l’intersyndicale dans un communiqué. 

 

Christine Carrier, la directrice, s’est pourtant fendue d’un courrier, pour balayer les revendications : il s’agit tant de la répartition et du nombre de bureaux de service public, ou encore du service de reprographie. En effet, ce dernier a été externalisé et implique la présence de salariés de la société Sedeco pour assurer le bon fonctionnement.

Ainsi, « 5 h de présence quotidienne de Sedeco (soit la moitié de l’amplitude d’ouverture de la Bpi) coûterait 50 000 € aujourd’hui, montant qui devrait s’accroître d’année en année si se poursuit la baisse de l’utilisation de ce service par nos usagers », indique la directrice.
 

Réponse de la bergère aux personnels

 

Pour ce qui est de l’implantation des collections, Christine Carrier fait part de son étonnement, puisqu’à « aucun moment [elle] n’a été évoquée lors de ma rencontre avec l’intersyndicale ». 

 

Elle poursuit : « Je tiens à rappeler que le programme du projet de rénovation a été travaillé de façon collective et transmis dès janvier 2017 aux 3 équipes d’architectes sélectionnées pour participer au concours. Il a été élaboré et partagé dès mon arrivée dans des réunions de département et plénières, en groupe de travail et dans le cadre du dialogue social. Ce programme prévoit une organisation des espaces autour de 5 pôles d’accueil ainsi qu’une implantation nouvelle des collections, mais aussi des espaces équipés de médiation, de valorisation des collections et d’action culturelle, un changement des sols et d’une partie du mobilier. » 

 

Et de conclure : « L’équipe d’architectes lauréate a reçu mission de le traduire dans l’espace ; le travail, en cours depuis 1 an, a lui aussi donné lieu à des réunions avec les équipes, en plénière ainsi que par la mise en ligne des documents essentiels du projet. »
 

Le ministère de la Culture dans la boucle


Le ministère de tutelle a bien entendu été alerté non seulement du préavis de grève du 14 juin, mais également de la rencontre avec la direction en date du 12. La rue de Valois apprennait ainsi que la direction de la bibliothèque « considère avoir fait toutes les concessions possibles dans le cadre du projet existant ».

 

Mais il était également question de la consultation des personnels – questionnaire joint aux services pour s’assurer que les informations circulent. « Les résultats montrent une appréciation négative du projet sur tous les points : l’organisation du service public posté, implantation des collections et concertation dans ce projet. »

 

Réunis en assemblée générale le 13 juin ; les personnels ont rappelé leurs revendications :

• une répartition et un nombre de bureaux qui permettent de couvrir l’ensemble des espaces ;

• le retour à un service de reprographie sur l’ensemble de l’amplitude horaire de la bibliothèque ;

• une rationalisation, voire une justification intellectuelle de la nouvelle implantation des collections.

 

La suite ce week-end. Les révisions du bac auront peut-être à en souffrir...




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