Grisham désolé de ses propos sur la pédopornographie sur Internet

Clément Solym - 17.10.2014

Edition - International - John Grisham - délinquants sexuels - pédopornographie en ligne


L'homme qui n'avait commencé à écrire qu'après avoir assisté à un procès, et n'aurait, de son propre aveu, jamais écrit s'il n'avait pas été avocat, a su faire amende honorable. Après des propos particulièrement difficiles à tenir, le romancier a choisi de diffuser un communiqué pour présenter ses excuses, ce qui restait certainement encore le mieux à faire. 

 

 

 

 

Dans le Telegraph, l'ancien avocat avait fermement pris position non pas pour défendre, mais pour apporter une distinction entre les véritables pédophiles et des types qui n'auraient eu pour seul tort que de regarder des vidéos de pédopornographie sur le net. Et n'auraient rien à se reprocher. 

 

La position était compréhensible : ne pas appliquer les mêmes peines de prison pour des voyeurs pris la main sur la souris, et des délinquants sexuels affirmés. Et Grisham de prendre l'exemple d'une vidéo avec une jeune fille de seize ans, qui ne serait pas à mettre sur le même plan qu'une autre avec un jeune enfant de 10.

 

« Je n'ai aucune compassion pour les véritables pédophiles. Seigneur, s'il vous plaît, retenez ces gens. Mais beaucoup de personnes ne méritent pas de lourdes peines de prison, et c'est ce dont ils écopent », expliquait-il. Et d'ajouter : « Nous avons aujourd'hui des prisons remplies de mec de mon âge. Soixante ans, hommes blancs, emprisonnés alors qu'ils n'ont jamais fait de mal à personne, n'ont jamais touché un enfant. Mais ils se sont retrouvés sur internet, et ont commencé à surfer, probablement en buvant trop, ou n'importe quoi d'autre, et ont cliqué sur le mauvais bouton, sont allés trop loin, et ont vu de la pornographie infantile. »

 

Évidemment, il y avait un bon fond dans ces propos, et certainement pas une volonté d'excuser ni de justifier les actes pédophiles. Mais Grisham a préféré le réaffirmer dans un communiqué, diffusé par de multiples canaux. « Quiconque nuit à un enfant, pour de l'argent ou le plaisir, ou qui, de n'importe quelle façon, prend part à de la pornographie enfantine en ligne, ou ailleurs, doit être puni conformément à la loi. »

 

« Mes observations faites, voilà deux jours, lors d'une interview au journal britannique The Telegraph, n'étaient en aucun cas destinées à montrer de la sympathie pour les personnes reconnues coupables de crimes sexuels, en particulier les abus sexuels sur les enfants. Je ne peux rien imaginer de plus méprisable. »

 

Et de conclure : « Je regrette d'avoir tenu ces propos, et je m'excuse auprès de tous. »