Guillon et Porte : les bouffons qui font peur à Val, Hees et au roi ?

Clément Solym - 24.06.2010

Edition - Société - france - inter - licencier


Ce qui est bon, c'est que tout le monde y est allé de son petit commentaire, après l'annonce du licenciement sec des deux larrons, Didier Porte, qui a eu le bon goût de l'annoncer lui-même, et Stéphane Guillon, qui a eu le plaisir de le découvrir dans la presse.

Encore faut-il qu'il la Val

Alors que Philippe Val estime qu'il a été porté « en permanence » atteinte à son honneur autant qu'à celui de Jean-Luc Hees, le patron de Radio France. « Il faut se dire : mais où ailleurs peut-on supporter une chose pareille, se faire pourrir à l'antenne », interroge-t-il ? D'ailleurs, il soupçonnerait même que le travail des autres gars de la matinale ait été « occulté » par les élucubrations des deux zouaves preneurs d'antenne en otage...

D'ailleurs, c'est leur faute, strictement, puisque personne « ne les a pas emmerdés une seconde : ils se sont mis en boucle seuls dans leur tête, ils se sont mis à aller de plus en plus loin et ils ont fait preuve d'une déloyauté constante », ajoute-t-il.

Alors évidemment, la rédaction de ActuaLitté ne partage pas les commentaires du monsieur de France Inter, et ne s'en est jamais caché. Du tout, manquerait plus que ça. D'autant plus que l'on parle tout de même de deux écrivains, qui ont publié leurs recueils de chroniques comme des Desproges en son temps, alors le sujet nous est d'autant plus cher.

Politikement corrects

Bref, parmi les réactions sympathiques des politiques français, on pourra d'ores et déjà noter celle de François Bayrou, fraîchement réveillé pour l'occasion. « La démocratie a besoin d'humoristes, même s'ils y vont parfois trop fort, même s'ils sont parfois acides, même si c'est désagréable pour ceux qui sont l'objet de leurs sarcasmes », estime le président du MoDem. Et dans tous les cas : « C'est une décision qui porte atteinte à la nécessaire liberté d'expression. » Merci François.

Europe Écologie, à travers Eva Joly n'a pas non plus tardé à dégainer : « Nous l'avons vu avec la nomination par le Président de la République des têtes de la télévision et de la radio et nous apprenons que Stéphane Guillon et Didier Porte ont quitté France Inter, tout cela est très inquiétant. » Eh oui, il y a quelque chose de politique dans la décision de renvoyer les deux gus...

Enfin, la porte-parole du mouvement de Dominique de Villepin, République Solidaire, qui s'est fait casser les dents au lancement, par la défaite des bleus, sera le plus acerbe : « Le pouvoir est-il affaibli au point de ne plus supporter ses bouffons ? » Marie-Anne Montchamp, députée UMP, d'ajouter : « En intervenant pour obtenir leur éviction, a-t-elle ajouté, l'État s'affaiblit plus encore en allant dans le détail et le particulier alors même qu'aujourd'hui, il lui appartient de définir des caps et des priorités, et de prendre plus que jamais de la hauteur ».