Günter Grass : "Ce qui doit être dit" sur Israël

Clément Solym - 04.04.2012

Edition - International - Günter Grass - Israël - Iran


Un article paru dans le Süddeutsche Zeitung, La Reppublica et le New York Times, fait état de l'inquiétude de son auteur, Günter Grass, prix Nobel de littérature en 1999, quant à des frappes préventives d'Israël sur les installations nucléaires iraniennes.

 

C'est un poème, intitulé « Ce qui doit être dit », qui a mis le feu aux poudres. Günter Grass y fait part de ses observations sur le fragile équilibre des relations internationales au Moyen-Orient. Fragilité qu'il attribue à la position d'Israël, à qui il attribue de possibles frappes préventives visant les installations nucléaires iraniennes. Il qualifie à ce titre Israël de « responsable de cette menace ».

 

 

Évoquant l'arsenal nucléaire d'Israël, il dénonce l'hypocrisie de l'Occident, qu'il compare à un « mensonge pesant ». Il demande « un contrôle sans obstacle et permanent de l'arsenal atomique israélien et du programme nucléaire iranien par une instance internationale reconnue par les deux gouvernements ».

 

« Pourquoi dis-je seulement aujourd'hui (...) que la puissance nucléaire d'Israël met en danger la paix du monde, déjà si fragile ? (...) Cela doit être dit, parce que si on ne le dit que demain, ce sera peut-être trop tard ».

 

L'éditorialiste Henryk Broder a répondu a Günter Grass dans le quotidien Die Welt. Il estime que « Grass a toujours eu un problème avec les Juifs, mais il ne l'avait jamais aussi clairement exprimé que dans ce poème ». Il est selon lui « l'archétype de l'érudit antisémite qui ne veut aucun mal aux Juifs », de l'Allemand , « poursuivi par la honte et le remord ». En 2006, Günter Grass avait en effet reconnu publiquement avoir appartenu à la Waffen SS à 17 ans.

 

Emmanuel Nahshon, délégué en chef à l'ambassade israélienne de Berlin, a fait part de sa consternation dans un communiqué. « Nous souhaitons vivre en paix avec nos voisins dans la région. Et nous ne sommes pas prêts à endosser le rôle que Günter Grass nous attribue dans le processus du peuple allemand cherchant à vivre en paix avec son histoire ».

 

Stefen Seibert, porte-parole du gouvernement allemand, n'a pas souhaité commenter le poème en vertu de la liberté de création.