Günter Grass, voix d'une "Allemagne à la conscience tourmentée"

Victor De Sepausy - 14.04.2015

Edition - Günter Grass - prix Nobel littérature - mort écrivain


« À l'âge de 87 ans, le lauréat du prix Nobel de littérature, Günter Grass est décédé dans un hôpital de Lübeck, ce matin. » Le message est laconique, comme Twitter les produit, mais l'éditeur allemand Steidl n'a pas besoin d'en dire plus. Né en 1927, l'auteur allemand s'est éteint, emportant avec lui un pan de l'histoire.

 

 

 

Écrivain qui avait connu le succès avec Le Tambour, il fut également couronné indirectement par une Palme d'Or à Cannes, ainsi que l'Oscar du meilleur film. Confronté à un passé militaire qui le conduira dans la Waffen-SS, il portera la croix de cette mutation contrainte d'octobre 1944 à sa mort.

 

 

Il aura produit plus d'une trentaine d'œuvres, de romans, d'anthologies de poèmes et d'essais, ainsi qu'une autobiographie, Pelures d'oignon, dans laquelle il confessera ce passé trouble. 

 

En janvier 2014, il annonçait sa décision terrible d'arrêter d'écrire, préférant alors la peinture et le dessin. « J'ai 86 ans à présent, je ne pense pas que j'entamerai l'écriture d'un nouveau roman. Ma santé ne me permet plus de m'investir 5 ou 6 années, et c'est le temps nécessaire pour les recherches préalables à un roman. »

 

Il clôt sa carrière sur un dernier fait d'armes, puisqu'en 2012, son poème « Ce qui doit être dit » faisait scandale en critiquant sévèrement la politique colonialiste de l'État d'Israël. Déclaré persona non grata dans le pays, il avait récidivé avec une seconde salve de vers pas piqués des vers, dans le recueil Éphémères.

 

« Son œuvre romanesque tout entière porte sa marque brûlante et visionnaire : Le Turbot, Les années de chien, Mon siècle. Günther Grass n'était pas qu'un écrivain. Sa voix forte s'élevait au cœur des remous de la vie sociale et politique de son pays dont il était un héraut inlassable, parfois contesté. Ses combats s'appelaient l'écologie, la démocratie, le monde libre », indique Fleur Pellerin dans un communiqué.

 

Elle évoque également « une grande voix [qui] s'éteint. Celle d'une Allemagne à la conscience tourmentée, qui ne cesse jusqu'à aujourd'hui de se confronter à son passé ». 

 

Günter Grass avait aussi un certain sens de la formule, face aux nouvelles technologies, et aux réseaux sociaux. « Avec ces révélations à l'esprit, je m'étonne que des millions de personnes ne se séparent pas de Facebook et de toutes ces conneries, en disant ‘Je ne veux plus rien avoir à faire avec ça.'. » Des outils qu'il considérait comme « de la merde », ajoutant : « J'ai quelques doutes quand l'un d'eux me dit que je suis sur Facebook... et que j'ai 500 amis. Moi, je dis qu'une personne qui a 500 amis, n'a pas d'amis du tout. »

 





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