Habitudes des lecteurs : vente d'ebooks en chute, livres papier en hausse

Orianne Vialo - 31.05.2016

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D’après le nouveau rapport « Year in Books, Review 2015 » publié par l’entreprise Nielsen — un groupe des Pays-Bas spécialiste de l’édition professionnelle et de la mesure d’audience en télévision, radio, presse écrite et téléphonie mobile —, les consommateurs auraient changé leurs habitudes d’achats de livres en 2015. Ils auraient également remarqué que l’autopublication et la vente de livres de coloriage connaissent une hausse considérable d’année en année. 

 

Domaine public

 

 

D’après l’étude publiée par Nielsen (ici en PDF), en 2015, 67 % des consommateurs britanniques ont acheté un livre, 59 % de ces acheteurs lisent un livre imprimé par semaine contre 31 % qui préfèrent le format ebook, et qui en lisent un par semaine.  

 

Parmi les genres littéraires les plus appréciés au format papier, l’on retrouve les cahiers de travail pour les enfants en première position (82 %), suivi des ouvrages de sciences sociales et humaines (69 %) ou encore des fictions pour enfants (66 %). Les livres de sciences et nature (64 %), ainsi que les ouvrages traitant de religion ou de fiction YA (63 % ex aequo) ferment ce classement. 

 

En revanche, la tendance est complètement différente concernant les livres au format ebook. En première position, l’on retrouve les ouvrages de romance (73 %), suivis de près par les oeuvres de SF/fantasy/horreur (57 %) et des genres crime/thriller/aventure (54 %). Les fictions historiques (48 %) arrivent en quatrième position, talonnées par la fiction générale (45 %). 

 

Une baisse générale des ventes d’ebooks 

 

Cependant, le changement le plus notable concerne les préférences de format. Dans l’étude publiée par Nielsen, les filiales BookScan et PubTrack Digital de l’entreprise ont démontré que les lecteurs américains ont plus tendance à se tourner vers l’achat de livres papier (+ 2,8 % entre 2014 et 2015, d’après les livres de BookScan), et à laisser de côté les livres électroniques (baisse d’achat équivalente à -13 % sur la même période).

 

En chiffres plus concrets, 635 millions de livres papier ont été vendus en 2014 contre 653 millions en 2015, ce qui représente une hausse de 18 millions d’unités supplémentaires vendues en un an. Pour les ebooks, les chiffres ne sont pas aussi encourageants. L’on passe de 234 millions d’ebooks vendus en 2014 à 204 millions d’unités en un an, ce qui équivaut à une chute des ventes de 30 millions d’ebooks.

 

Malgré la baisse des ventes d’ebooks, les e-tailer (vendeurs au détail sur internet) ont vendu davantage de livres tous formats confondus via internet : de 160 millions de copies vendues en 2014 (pour un montant de 909 millions £), ils sont passés à 175 millions de copies vendues en 2015 (pour un montant de 1,011 milliard £), ce qui équivaut à une augmentation des ventes de 10 %.

 

Une tendance à la hausse pour l’autopublication… et l’achat des livres de coloriage pour adultes

 

En observant de plus près le marché de l’ebook, le département Books & Consumers de Nielsen s’est rendu compte que les ebooks autopubliés grâce à des services tels que CreateSpace et Lulu représentent 12 % des achats de livres numériques en 2015. En 2012, seuls 5 % des livres autopubliés étaient représentés dans les ventes d’ebooks. Le chiffre a augmenté au fil des ans, passant ainsi à 7 % en 2013, 8 % en 2014 et 12 % en 2015. 

 

Pas étonnant, si l’on prend en compte l’engouement de plus en plus prononcé pour les auteurs de se passer d’acteurs traditionnels pour mettre leur livre à destination des lecteurs. Dans une interview accordée à ActuaLitté début mai, l’auteur Laurent Bettoni, expliquait que s’il s’était tourné vers l’indépendance et la diffusion sur Amazon via Kindle Direct Publishing — une plateforme d’auto publication proposée par le géant américain —, c’était un peu par nécessité, constatant que l’édition traditionnelle n’offre que peu de chances aux jeunes auteurs. 

 

L’institut Nielsen avait même confirmé cette tendance le 23 mars dernier lors de la Nielsen BookInsights Conference. D’après une étude menée par la société, l’autopublication représente 22 % du marché ebook britannique.

 

Les livres de coloriage pour adulte ont aussi la part belle puisque Nielsen BookScan a estimé que 12 millions d’exemplaires de ces livres de coloriage ont été vendus aux États-Unis en 2015, par rapport à seulement 1 million d’exemplaires écoulés en 2014. Les données récoltées par l’entreprise montrent même que 71 % des acheteurs de livres de coloriage sont des femmes et que 27 % d’entre elles étaient âgées de 18 à 29 ans. 

 

 

 

Face à cet engouement pour les livres de coloriage, les fabricants de crayons de couleur peinaient à honorer leurs commandes. Faber-Castell, l’un des plus anciens et des plus grands fabricants de crayons et de stylos du monde, a dû changer les moyens de production dans son usine, afin de répondre à la demande toujours plus grande de crayons de couleur de qualité. Une porte-parole de Faber-Castell dévoilait à l’époque que « la tendance se poursuit à ce jour, et peut être ressentie au niveau mondial, en Europe ou de l’Amérique du Sud à l’Asie ».

 

Mais pourquoi l’intérêt vers ces ouvrages est si fort ? Tout simplement parce qu’au début du mois de mars, une étude présentée par le British Medical Journal soulignait que les livres de coloriage pour adultes étaient utilisés dans certains services de cancérologie depuis quelque mois, en raison de leurs vertus thérapeutiques