Hachette : les livres numériques plombent les résultats

Cécile Mazin - 10.11.2015

Edition - Economie - résultats financiers - chiffre affaires - Hachette Groupe


Le groupe Lagardère a présenté les résultats financiers pour le 3e trimestre, établis à 1,846 milliard d’euros, soit + 2,6 % à données comparables. Du côté Publishing, représentant le groupe Hachette, les chiffres sont positifs, avec + 2 %, notamment grâce à l’Éducation en Espagne, et de manière moindre, avec la littérature générale en France. 

 

Hachette Book Group USA - London Book Fair 2015

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Le secteur éditorial du groupe Lagardère enregistre donc une croissance certaine en regard de l’année passée – 607 millions € contre 564 millions €. En France, l’édition atteint +0,8 % avec la sortie du tome 4 de la saga Fifty Shades et d’autres réussites comme La septième fonction du langage, de Laurent Binet, Eva, de Simon Liberati, et D’après une histoire vraie, de Delphine de Vigan.

 

À ce titre, note le groupe, deux lauréats de prix littéraires, Delphine de Vigan (Renaudot) et Christophe Boltanski (Femina) porteront leurs fruits au cours du 4e trimestre. On pourrait ajouter le livre de Jean-Noël Orengo,  La Fleur du capital qui vient de recevoir le prix de Flore. « L’éducation affiche des performances mitigées au troisième trimestre (année précédant une réforme de programmes) », nuance cependant le groupe.

 

Aux États-Unis, l’activité est en baisse de 4,2 %, du fait d’un recul des ventes d’ebooks, mais également à cause d’un calendrier de parutions moins important. On attend le T4 pour renouer avec de meilleurs résultats. 

 

Au Royaume-Uni, l’activité est positive, +1,2 %, grâce à l’éducation et l’illustré – notamment les livres de coloriage pour adultes.

 

Espagne et Amérique latine affichent +13,3 % avec une conséquence directe de la réforme scolaire sur le domaine de l’éducation. 

 

Mais les livres numériques sont clairement un point qui affaiblit les résultats. Représentant 7,9 % du chiffre d’affaires global de Lagardère Publishing, contre 8,9 % l'année précédente, annonce le groupe. 

 

Au 30 septembre 2015, l’ebook a représenté 9,6 % contre 10,4 % au 30 septembre 2014. Cette transition demeure toujours cantonnée au segment de la littérature générale, et pour l’essentiel dans les pays anglo-saxons, où des tendances de marché similaires sont observées :

— aux États-Unis, dans un marché du numérique en baisse (ralentissement observé depuis 2014), le chiffre d’affaires du livre numérique est en contraction (24 % du chiffre d’affaires Trade contre 28 % à fin septembre 2014) ;

— au Royaume-Uni, dans un marché en stabilisation depuis le début de l’année, le livre numérique représente 30 % du chiffre d’affaires Adult Trade contre 34 % à fin septembre 2014, compte tenu principalement de la hausse du taux de TVA.

 

L'Association of American Publishers, aux États-Unis, avait souligné que la vente d’ebooks était globalement moins importante. Au cours des cinq premiers mois de l’année 2015, un recul de 10 % était affiché sur les compteurs. Cependant, les résultats étaient à nuancer : il semble bien que tout cela pesait avant tout sur les grands groupes éditoriaux, alors que l’édition indépendante, l’autopublication, ne se portait pas vraiment aussi mal. 

 

Et pour cause : Amazon représenterait selon certaines estimations 74 % des ventes d’ebooks opérées sur le territoire américain. Or, ce dernier vend indifféremment les livres numériques des éditeurs traditionnels, et ceux des auteurs Kindle Direct Publishing, l’outil de commercialisation pour indépendants. Or, avec le retour du contrat d’agence, qui a conduit à relever le prix de vente des livres classiquement publiés, il semble que le public se soit détourné des best-sellers des éditeurs, pour profiter de lectures plus financièrement accessibles.