Hachette Livre : après le débrayage, la distribution s'enraye

Clément Solym - 01.06.2011

Edition - Economie - hachette - livre - distribution


La séance de débrayage avait commencé vers le 24 mai, au centre de distribution de Hachette Livre, avec la décision prise par le personnel de cesser le travail durant 90 minutes, au moment de la rotation des équipes.

C'est que les équipes protestent contre la perte d'un 14e mois entier de salaire, qui avait été ramené à un demi-mois, conformément à un accord d'entreprise « mais il était conditionné à la réalisation d’objectifs de productivité qui n’ont pas été atteints », avait expliqué Hachette Livre.

Dans un communiqué de l'intersyndicale, diffusé aujourd'hui, on apprend que les représentants du personnel ont été reçus par Hachette Livre et que durant cette entrevue, celle-ci « n’a pas donné l’impression qu’elle mesurait l’ampleur du mouvement ».

D'autant plus que si le mouvement touchait le site de Maurepas, il s'est désormais propagé à Nantes et Lyon.

« Pourtant, tout en tentant de minimiser l’ampleur des actions en cours, la Direction et son encadrement font passer des messages alarmistes concernant l’avenir de la Distribution et le risque que ferait courir ces salariés inconscients qui menacent la pérennité de notre entreprise. »

Or, notent les syndicats, depuis des années, les prévisions dans le domaine de la distribution sont pessimistes, sans que jamais on n'en voit les sombres nuages. Mais à présent, « la situation est-elle devenue si précaire que des engagements pris concernant la disparition des inégalités salariales ne peuvent être tenus ? »

Pour l'intersyndicale, il n'est pas « acceptable que le fruit du travail fourni par l’ensemble des acteurs de la Distribution ne profite pas, pour une part plus importante, à ceux qui y contribuent le plus ». Et d'appeler les uns et les autres à soutenir le mouvement de protestation, en vue de l'obtention d'un 14e mois complet, afin « d’arriver enfin à une harmonisation vers le haut des salaires pour l’ensemble des autres catégories ».

Sans refuser de rencontrer de nouveau la direction, les représentants, du personnel souhaitent donc que l'on en finisse avec une entreprise « humainement désorganisée ».